Une conférence déterminante se déroule actuellement au Japon, où des représentants de cinquantaine de nations se retrouvent pour discuter de la délicate question de la protection du manchot empereur, espèce emblématique menacée sur une vaste étendue de glace au pôle sud et affectée par le changement climatique.
Ce continent, s'étendant sur 14 millions de km², soit 25 fois la taille de la France, est reconnu pour la richesse de sa biodiversité. Le Traité sur l'Antarctique, signé en 1959, a instauré ce territoire comme un lieu de paix et de science, tout en suspendant les conflits territoriaux.
Cette réunion annuelle, qui se tient à Hiroshima, a pour but de traiter divers enjeux, parmi lesquels la régulation du tourisme. Francisco Berguno, secrétaire exécutif du Secrétariat du Traité sur l'Antarctique, a souligné l'importance de ces discussions en affirmant : "L'Antarctique est de plus en plus confronté à des défis mondiaux tels que le changement climatique. Sa préservation requiert une approche à long terme, une gestion réfléchie et un fort engagement international."
Berguno a également fait remarquer que les décisions prises lors de cette réunion visent à garantir que les activités humaines en Antarctique se déroulent dans le respect de l'environnement et s'appuient sur des bases scientifiques solides.
Environ 400 représentants gouvernementaux et chercheurs de pays comme les États-Unis, la Chine, la Russie et l'Ukraine assistent à ces débats, rapporte l'agence de presse Jiji.
L'organisation de protection de l'environnement WWF plaide pour que le manchot empereur soit désigné comme une espèce nécessitant une protection spéciale, en raison de son récent classement comme espèce en danger par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
La population de manchots empereurs diminue, principalement à cause du réchauffement climatique, qui engendre un retrait précoce de la banquise nécessaire à leur survie. Rod Downie, principal conseiller de WWF, alerte : "Le déclin alarmant de la banquise que nous constatons actuellement pourrait conduire cette espèce emblématique vers l'extinction d'ici la fin de ce siècle si des mesures appropriées ne sont pas mises en place immédiatement."
Cependant, des pays comme la Chine et la Russie freinent les initiatives de protection en faveur des manchots empereurs, compliquant davantage leur sauvegarde.
Avec près de 120.000 touristes ayant visité l'Antarctique lors de la saison 2024-2025, souvent à bord de navires de croisière, la question du tourisme sera également centrale à Hiroshima. Les délégués examineront la possibilité d'imposer des restrictions sur l'accès à certaines zones ou d'établir des quotas.
Hideki Uyama, représentant du ministère japonais des Affaires étrangères, qui préside la rencontre, a déclaré que "réguler et gérer le tourisme en Antarctique est désormais une question cruciale".







