Une nouvelle fois, le Sénat peine à unir ses voix autour de la réforme de la fin de vie, rejetant, le 11 mai, un article clé établissant un droit à l'aide à mourir. Les députés pourraient bien reprendre la main.
Ce 11 mai 2026, lors de l'examen du projet de loi sur la fin de vie, le Sénat a voté contre l'article 2 proposé par le député Olivier Falorni. Cet article déterminait les règles de la future procédure de demande d'aide à mourir, mais a été rejeté dès le début des débats, sabotant ainsi une avancée significative.
Les débats à venir promettent d'être conflictuels, avec près de 600 amendements à examiner d'ici mercredi. Actuellement, le texte semble dénué de structure cohérente, laissant planer l'incertitude sur l'avenir de cette réforme essentielle.
Le gouvernement, désireux d’obtenir une adoption finale avant les vacances d'été, pourrait céder la dernière décision à l'Assemblée nationale pour faire avancer cette réforme portée par Emmanuel Macron.
Engagée depuis plus de trois ans à travers une convention citoyenne initiée par le président de la République, la discussion sur l'aide à mourir est considérée comme plus avancée à l'Assemblée nationale qu'au Sénat. Pour rappel, les députés ont déjà voté par deux fois en faveur d'un droit à l'aide à mourir encadré pour certains malades incurables.
Des voix discordantes
Au Sénat, en revanche, les opinions divergent, rendant l'accord presque impossible. Le rejet de l'article 2, considéré comme le pilier de la réforme, a été prononcé avec 151 voix contre, principalement dû à l'opposition des Socialistes craignant un durcissement, ainsi que d'une partie de la droite.
Les Communistes ont voté pour, tandis que les Écologistes se sont abstenus dans l'espoir de favoriser le débat, sans succès. La ligne stricte du président des Républicains, Bruno Retailleau, a dominé, s'alarment d'un texte jugé trop permissif. Il souligne que, si la loi était adoptée, les malades se questionneraient sur leur valeur pour la société et leurs proches.
Parallèlement, Patrick Kanner, président du groupe socialiste, a justifié le vote de son groupe en arguant du démantèlement progressif du texte initial, le remplaçant par une "assistance médicale à mourir" restreinte aux maladies avec un pronostic vital engagé à court terme.
Le gouvernement rejette également cette réécriture, indiquant que cela ne reflète pas l'intention initiale de la réforme. Alain Milon, l'un des rapporteurs, a tenté de maintenir un semblant de consensus, mais cette orientation semble vouée à l'échec selon Bernard Jomier, sénateur Place publique.
Les discussions récentes ont également évoqué la possibilité d'un référendum d'initiative partagée, avec le sénateur LR Francis Szpiner affirmant avoir recueilli plus de 195 signatures nécessaires pour lancer la procédure. Cependant, ce processus a souvent échoué depuis sa création en 2008.
Malgré ces tensions, un autre projet visant à renforcer les soins palliatifs a été adopté sans modification, garantissant ainsi son adoption définitive au Parlement.







