Le sommet franco-africain "Africa Forward", prévu les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, marque une étape historique. Pour la première fois, un pays anglophone, plutôt qu'un pays francophone, accueille cette réunion, symbolisant un décalage économique croissant entre ces deux régions de l'Afrique.
Ce choix souligne non seulement la volonté d'Emmanuel Macron de renouveler le dialogue avec l'Afrique, mais met également en lumière les tensions croissantes avec des partenaires historiques tels que le Mali et le Burkina Faso. Selon plusieurs experts économiques, cette situation souligne l'ascension des pays anglophones, qui affichent des performances économiques bien plus stables et dynamiques.
En effet, les données de l'Organisation des Nations Unies montrent qu'entre 2004 et 2015, les économies du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA), majoritairement anglophones, connaissaient une croissance dépassant 6%, alors que les pays francophones stagnaient avec des croissances bien moindres. Sur le continent, seul le Gabon brille dans les classements de développement humain par rapport à ses voisins francophones.
Le franc CFA, un frein à la croissance
Une partie des difficultés rencontrées par les pays francophones est liée à l'utilisation du franc CFA. Cette monnaie, liée à l'euro par un taux de change fixe, protège certes les économies de l'inflation, mais elle freine également leur compétitivité sur les marchés internationaux. Les économistes soulignent que ce taux de change, jugé trop élevé, désavantage les exportations de ces nations, limitant ainsi leur potentiel de développement.
Ces éléments soulèvent de nombreuses questions sur l'avenir des relations franco-africaines et sur les choix économiques des États concernés. Des voix internes, comme celle du professeur en économie à l'Université de Dakar, affirment que "la dérégulation monétaire pourrait offrir aux pays francophones la flexibilité nécessaire pour améliorer leur position sur le marché mondial". Les données économiques parlent d'elles-mêmes, mais elles sont également accompagnées d'une nécessité urgente de repenser les structures financières pour s'adapter à un environnement mondial en constante évolution.







