Le président français a déclaré que le déblocage de ce passage maritime crucial est une "priorité absolue".
La France va "prendre une initiative aux Nations Unies" afin de proposer un "cadre" pour une mission "neutre et pacifique" visant à garantir la sécurité du détroit d'Ormuz, a déclaré Emmanuel Macron lors d'un entretien avec France 24 et RFI. "Il est nécessaire d obtenir la réouverture sans conditions et sans péage d'Ormuz, en détruisant tous les blocus et en établissant un dialogue exigeant avec l'Iran", a-t-il précisé depuis Nairobi, après un sommet franco-africain.
Macron a exprimé ses inquiétudes face à l'escalade des tensions entre l'Iran et les États-Unis, appelant à un "cessez-le-feu respecté", particulièrement au Liban. La France, aux côtés du Royaume-Uni, propose une coalition maritime pour sécuriser le détroit, en attendant que Téhéran et Washington lèvent leurs blocus respectifs.
Une priorité absolue
Les ministres de la Défense de la France et du Royaume-Uni ont co-présidé une visioconférence avec des représentants de 40 pays disposés à contribuer à cette mission. À l'issue de cette réunion, Londres a annoncé un investissement de 115 millions de livres (environ 133 millions d'euros) pour la mise en place de drones et de systèmes de défense anti-drones pour cette opération, une fois qu'elle sera "devenue opérationnelle", selon le ministère britannique de la Défense.
Pour concrétiser cette initiative, un projet de résolution sera soumis au Conseil de sécurité des Nations unies, visant à établir un cadre pour cette mission. Paris souhaite démontrer à Téhéran et Washington qu'il est possible de dissocier la situation d'Ormuz des autres discussions concernant l'Iran. Le blocage de ce passage stratégique perturbe l'exportation d'hydrocarbures, faisant grimper les prix et impactant l'économie globale. "Réouvrir Ormuz est notre priorité", a insisté le président français, soulignant que cela doit se faire "avant de s'attaquer à d'autres sujets".
Emmanuel Macron a également souligné l'importance de redémarrer les discussions sur la question nucléaire et balistique entre l'Iran et les États-Unis, ainsi qu'avec les nations européennes. "Il est crucial d'inclure tous les pays de la région, ceux qui subissent les conséquences de la déstabilisation", a-t-il ajouté.
Un projet de résolution parrainé par les États-Unis et Bahreïn exige que l'Iran mette fin immédiatement à ses attaques et menaces contre les navires, mais il est menacé par un veto russe. Cela souligne la nécessité d'un dialogue international plus large pour aborder les tensions croissantes dans cette région cruciale.







