Le 21 mai, au moins 25 personnes ont perdu la vie lors d'attaques coordonnées attribuées à des djihadistes présumés dans cinq villages de Bandiagara, une région du centre du Mali éprouvée par une grave crise sécuritaire. Selon des sources locales et administratives, ce bilan alarmant, qui pourrait augmenter, fait également état de multiples blessés et de villages réduits en cendres, entraînant un exode massif des populations locales depuis le lendemain des attaques.
Une source locale ayant requis l'anonymat a déclaré : « Nous pleurons déjà 25 morts, et il y a de nombreux blessés, dont des femmes et des enfants. Les assaillants ont tout détruit, brûlant les villages et emportant le bétail. Familles entières fuient, abandonnant tout derrière elles. » Ces violences récurrentes dans la région s’inscrivent dans un contexte de désespoir croissant.
La situation au Mali a atteint un point critique, exacerbée par une série d’attaques sans précédent menées fin avril par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaida, contre des positions stratégiques de la junte au pouvoir à Bamako. Un responsable au gouvernorat de Bandiagara a déploré : « Les informations qui nous parviennent sont dramatiques. Aucune autorité n'a encore évalué la situation. »
une spirale de violences sans fin
Le bilan des violences depuis ces deux dernières semaines continue de s’alourdir, dépassant les 70 morts, en grande majorité des civils comme l’affirme un membre du conseil régional des jeunes de la localité, qui ajoute : « Nous avons plusieurs parents introuvables et craignons que les assaillants reviennent. Ils l’ont promis. »
Les villages touchés avaient refusé de conclure des accords locaux avec le JNIM, ce qui a aggravé les représailles. Depuis 2012, le pays est en proie à une crise sécuritaire persistante, alimentée par les violences des groupes djihadistes, de l'État islamique, ainsi que de groupes criminels communautaires. En réponse à ces calamités, des groupes d’autodéfense, notamment composés de chasseurs traditionnels connus sous le nom de « dozos », se sont formés.
De plus, ces dernières semaines, une intensification des attaques a été observée, avec des djihadistes imposant des blocages routiers sur les principaux axes menant à Bamako, détruisant des dizaines de véhicules de transport de marchandises. Cette spirale de violence soulève des inquiétudes quant à la stabilité future du pays.







