Le président bolivien Rodrigo Paz a reçu ce week-end le feu vert du Parlement pour mobiliser l'armée afin de lever les barrages routiers qui paralysent le pays depuis plus d'un mois, à la suite de manifestations réclamant sa démission.
Des groupes de paysans, mineurs et autres travailleurs expriment leur mécontentement face à la grave crise économique qui touche la Bolivie, en bloquant des routes à l'échelle nationale.
Après une séance marathon de 15 heures, la chambre des députés a validé une loi déjà approuvée par le Sénat, permettant ainsi au président de promulguer ces nouvelles mesures. Le président de l'Assemblée, Roberto Castro, a confirmé la nouvelle.
Au pouvoir depuis six mois, le président de centre droit pourrait également décréter l'état d'exception, ce qui augmenterait son pouvoir d'action militaire et restreindrait certaines libertés publiques.
Pour l'instant, l'engagement militaire demeure limité, avec la police antiémeute qui reste en première ligne pour tenter de dégager certaines routes. Les barrages causent d'importantes pénuries de biens essentiels à La Paz et dans d'autres régions, y compris El Alto, Cochabamba et Potosi.
Des affrontements récents ont vu la police antiémeute tirer des gaz lacrymogènes sur des manifestants à San Julian, causant des blessés des deux côtés. Les manifestants continuent de maintenir des barrages à 80 points en utilisant des gravats et des troncs d'arbres, initialement en lutte pour de meilleures conditions de vie.
La loi adoptée prévoit que les militaires bénéficieront d'une "présomption de légalité" durant l'état d'exception, visant à les protéger contre d'éventuelles poursuites pénales liées à l'usage de la force. Selon le député Carlos Alarcon, cette mesure est cruciale pour assurer la protection des forces de l'ordre face à la violence croissante.
Les réminiscences des violences passées, où plusieurs responsables militaires avaient été poursuivis après des affrontements mortels sous le gouvernement de Jeanine Añez, pèsent sur le contexte actuel. Les tensions restent exacerbées alors que le président Paz évoque des "progrès" dans la situation, notamment la reprise progressive de la distribution de carburants.
Malgré cela, les files d'attente devant les stations-service s'allongent, avec des automobilistes attendant souvent la nuit pour obtenir du carburant. Le gouvernement, soutenu par les États-Unis et d'autres pays conservateurs, accuse l'ancien président Evo Morales d'être à l'origine des troubles, des accusations que ce dernier rejette tout en restant en retrait au Chapare, son fief.







