Une décision prise dans l’urgence a fait grand bruit. La Cour suprême des États-Unis a suspendu, jeudi, l’exécution d’un homme en Alabama, prévue par inhalation d’azote. Ce recours a été jugé potentiellement inconstitutionnel par un tribunal inférieur. Jeffery Lee, 49 ans, devait subir cette forme d’exécution controversée pour avoir tué deux personnes lors d’un cambriolage en 1998. Cette méthode consiste à administrer de l’azote gazeux via un masque, entraînant la suffocation du condamné.
Un tribunal fédéral avait statué mardi contre cette méthode d’exécution, décision que l’État de l’Alabama a ensuite contestée devant la Cour suprême. Dans une ordonnance rendue jeudi soir, la Cour a affirmé : « la demande de sursis ou d’annulation […] soumise à la Cour est rejetée ». Notons qu'aucune raison n’a été fournie, ce qui est fréquent pour les décisions urgentes.
méthode de mise à mort dénoncée par les experts
La méthode d’exécution par inhalation d’azote est vivement critiquée par des experts internationaux, dont certains de l’ONU, qui la qualifient de cruelle et inhumaine. Aux États-Unis, cinq prisonniers ont été exécutés de cette façon l’an dernier, parmi 47 exécutions recensées dans le pays. L'Alabama a exécuté cinq détenus en 2025, à l'égal de la Caroline du Sud et du Texas. La Floride reste l'État avec le plus grand nombre d'exécutions, totalisant 19 l'an dernier.
En revanche, l’injection létale demeure la méthode la plus utilisée, ayant concerné 39 exécutions en 2022. Actuellement, la peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Dans trois autres, un moratoire est en place. Le président Donald Trump, un ardent défenseur de la peine capitale, a plaidé pour son application dans les cas de « crimes les plus graves ».
Cette décision de la Cour suprême soulève de nombreuses questions sur la légitimité de certaines méthodes d’exécution et le statut de la peine de mort aux États-Unis. Les avis d'experts, comme ceux du professeur en droit pénal à l’Université de Yale, Jonathan Simon, mettent en lumière les enjeux éthiques et juridiques que soulèvent ces pratiques. Selon lui, ces méthodes pourraient renforcer le mouvement abolitionniste à travers le pays.







