La question de savoir si Palestine Action constitue un mouvement terroriste sera tranchée ce lundi par la justice britannique, après qu'en première instance, celle-ci ait donné un revers au gouvernement, qui a interdit cette organisation activiste pro-palestinienne en juillet 2025.
Cette décision est particulièrement attendue par les nombreuses personnes inculpées pour avoir exprimé leur soutien à Palestine Action lors des différentes manifestations qui se sont tenues à travers le Royaume-Uni, comme l'ont rapporté plusieurs médias locaux.
En février dernier, la Haute Cour de Londres a jugé la décision gouvernementale "disproportionnée", notant qu'elle portait atteinte de manière significative aux droits à la liberté d'expression et de réunion, comme l'a déclaré la juge concernée. La ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a immédiatement interjeté appel, arguant d'une nécessité de garantir la sécurité nationale.
La Cour d'appel se prononcera sur l'affaire ce lundi matin. L'audience, qui débutera à 11H00 (GMT+1), est prévue pour durer une heure.
Le gouvernement de Keir Starmer a qualifié Palestine Action de "terroriste", une étiquette qui l'assimile à des groupes comme Al-Qaïda ou l'IRA. Cette classification a suivi des actes de vandalisme ciblant des installations militaires, dont une base de la Royal Air Force, et une entreprise d'armement israélienne, conséquence d'une décision controversée récemment critiquée par l'ONU et des figures comme Ken Loach et Sally Rooney.
La situation a provoqué des arrestations massives : plus de 3.300 personnes ont été interpellées, y compris la militante Greta Thunberg, lors de manifestations en soutien au groupe. Ce fut le cas notamment lors d'un rassemblement à Trafalgar Square où plus de 500 manifestants ont été arrêtés en avril dernier, portant des pancartes de soutien.
Le vendredi précédent, les forces de l'ordre ont arrêté 125 personnes qui protestaient devant le tribunal où quatre militants étaient jugés pour dégradations. Un verdict sévère a été prononcé, avec des peines allant de 5 à 7 ans d'emprisonnement pour eux.
Depuis l'interdiction, soutenir ou appartenir à Palestine Action expose à des peines allant jusqu'à 14 ans, suscitant des préoccupations pour la liberté d'expression. Fondé en 2020, Palestine Action se présente comme un "mouvement d'action directe" dont l'objectif est de mettre un terme au soutien international envers le régime israélien.
Le mouvement a gagné en notoriété avec le déclenchement des hostilités dans la bande de Gaza, suite à l'attaque surprise du Hamas contre Israël en octobre 2023. Les représailles d'Israël ont entraîné un nombre tragique de pertes humaines, et le pays fait face à des accusations de génocide, accusations qu'il rejette catégoriquement.







