Avec plus de 1,5 million de chats errants, Jakarta, la capitale indonésienne, fait face à un défi croissant, aggravé par le manque de programmes de stérilisation efficaces malgré l’aide de la population locale.
Dans une gare animée, des chatons mal en point sautillent autour d'un vendeur de soupe de poulet, qui leur offre un peu de son repas. "Les chats portent chance et apaisent les esprits", partage Saiful Faizin, 33 ans, qui se consacre à ces félins errants.
Nur Achmad, érudit musulman, souligne le lien culturel fort entre les chats et les croyances islamiques, rappelant que ces animaux sont estimés et respectés en raison de leur association positive dans la tradition.
Tous les jours, après le travail, des employés sortent des croquettes pour nourrir les chats qui ont élu domicile sur les trottoirs, témoignant ainsi d’un lien particulier entre les habitants de la ville et ces animaux. Cependant, sans un service gouvernemental dédié à leur bien-être, la population de ces animaux a explosé.
Hilwa Tasya Sholehah, jeune vendeuse de 25 ans, déplore le trop grand nombre de chats, qui entraîne des accidents, certains finissant par être victimes de la circulation intense de moto.
Si les habitants apprécient leur présence, certains se plaignent des nuisances telles que les odeurs ou les bagarres entre chats, compromettant ainsi la tranquillité du quotidien. Cela dit, malgré ces difficultés, Jakarta se vante d’être exempte de rage depuis 2004, grâce à des campagnes de vaccination.
- Une lutte constante pour la stérilisation -
Carolina Fajar, de l'ONG Let's Adopt Indonesia, tire la sonnette d'alarme. "Nourrir sans stériliser crée une surpopulation", explique-t-elle, rappelant que chaque chatte peut donner naissance à plusieurs portées par an. Son organisation organise des campagnes de stérilisation, appelant à un financement accru pour faire face à cette crise.
Récemment, 89 chats ont été capturés pour être stérilisés et relâchés, une initiative importante, bien que les chiffres exacts de la population de chat errant varient largement selon les responsables. La municipalité lance maintenant un recensement scientifique.
Avec un budget de 3,5 milliards de roupies prévu pour stériliser 21 000 chats l’année précédente, des voix s'élèvent pour demander des fonds plus substantielles pour atteindre l’objectif de 70 % d’animaux errants stérilisés. Selon Hasudungan Sidabalok, responsable municipal, cet investissement est essentiel.
"Une chatte peut donner naissance jusqu’à huit chatons plusieurs fois par an", explique Francine Widjojo, élue locale. Elle remarque également l’augmentation de l’engagement individuel pour financer des stérilisations, signe d'une prise de conscience collective sur ce sujet urgent.
Face à cette situation complexe, Jakarta se doit de trouver des solutions efficaces pour équilibrer la coexistence harmonieuse entre les humains et ces félins qui apportent tant de réconfort.







