Lors d'un entretien exclusif avec France 24, Gernot Rohr, le sélectionneur français du Bénin, a exprimé son mécontentement concernant l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2025, soulignant des avantages flagrants accordés aux grandes nations africaines.
Âgé de 72 ans, Rohr est un vétéran du football africain, ayant entamé une carrière riche qui l’a conduit à entraîner à travers tout le continent. Pour sa quatrième participation à la CAN, il a conduit le Bénin à une qualification inédite pour les huitièmes de finale. Avant leur affrontement contre l'Égypte, il n'a pas manqué d’exprimer ses critiques sur la façon dont la compétition est organisée.
« Tout est mis en place pour favoriser les gros pays africains », déclare Rohr, faisant écho à des préoccupations partagées par d’autres entraîneurs et experts du football. Selon son analyse, un manque de surprises a caractérisé la phase de groupes, chaque équipe de premier chapeau s'étant classée en tête de son groupe, un phénomène que beaucoup interprètent comme un reflet d'une hiérarchie mal adaptée.
Comparant les conditions de jeu, Rohr a déclaré que pendant que les grandes équipes pouvaient rester dans le même stade pour leurs matchs, les petites formations, comme la sienne, étaient contraintes de voyager sans cesse. « Nous devons nous déplacer à travers plusieurs villes pendant que les grands nations sont confortablement installées et connaissent déjà le terrain », a-t-il plaidé. Cela inclut aussi le fait que son équipe ne peut pas reconnaître les pelouses avant les matchs, une situation que le sélectionneur juge peu juste.
Un autre point hautement contesté par Rohr concerne la programmation des matchs. « Les plus grandes équipes jouent en soirée, tandis que les petites sont reléguées à des horaires plus chauds en plein après-midi. Cela complique la gestion des préparations physiques et l'intensité des jeux », ajoute-t-il, relevant la tension générée par les exigences médiatiques qui perturbent les entraînements.
En matière d’arbitrage, le discours de Rohr se fait tout aussi sévère. Alors que la précédente édition de la CAN en Côte d'Ivoire avait été saluée pour la qualité de son arbitrage, le sélectionneur contraste cette expérience avec l’édition actuelle, qualifiée de « catastrophique ». Il se remémore une situation où un but du Sénégal a été accordé malgré une faute sur un de ses défenseurs, sans que la vidéo assistance (VAR) ne soit en mesure de corriger la décision. Ces erreurs d'arbitrage, selon lui, semblent non pas isolées, mais plutôt illustratives d’un biais en faveur des équipes prestigieuses.
Les petits pays continuent de ressentir un sentiment d'inégalité dans le traitement accordé lors de ces compétitions, et la voix de Gernot Rohr est emblématique d'un appel à une réforme nécessaire pour garantir un sport plus équitable pour toutes les nations africaines.







