Cette semaine marque un tournant potentiel pour le monde agricole français, alors que les agriculteurs expriment leur mécontentement face à une série de défis, incluant la dermatose bovine et les répercussions du traité de libre-échange Mercosur. Les récentes déclarations du Premier ministre visent à désamorcer la colère montante des paysans, qui voit ses inquiétudes amplifiées à l’aube d’une éventuelle mobilisation similaire à celle de l'année dernière.
Dimanche, le gouvernement a annoncé un arrêté suspendant l’importation de produits contenant des résidus de substances interdites en Europe, notamment pour des produits comme les avocats, les mangues et les agrumes d'Amérique du Sud. Sébastien Lecornu, le ministre en charge, a promis des contrôles sanitaires renforcés pour protéger les agriculteurs locaux contre la concurrence jugée déloyale.
Dans une lettre ouverte aux agriculteurs, il a également affirmé qu'il refuserait « toute renationalisation » des aides, s'engageant à maintenir le budget de la Politique Agricole Commune (PAC). Ce geste aurait pour but de rassurer les agriculteurs à trois jours d'une réunion décisive à Bruxelles concernant la PAC, un sujet hautement sensible qui pourrait influencer le soutien de nombreux agriculteurs au bien-fondé des politiques publiques.
Les syndicats agricoles, qui se réuniront à Matignon, s'interrogent sur l'efficacité de ces mesures. Alors que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a exprimé ses doutes quant à l’équité du traité Mercosur dans *La Tribune*, le responsable du gouvernement a pris contact avec Ursula von der Leyen pour assurer que le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ne provoquerait pas une flambée des prix des engrais, un sujet de préoccupation pour de nombreux agriculteurs.
Avec ces interventions précoces, le gouvernement espère créer un environnement propice à la négociation, mais restera-t-il à la hauteur des attentes des agriculteurs ? Les jours qui viennent révéleront si ces efforts seront suffisants pour calmer une colère qui couve depuis trop longtemps.







