Alors que le Venezuela se réveille d’un coup de théâtre politique, Delcy Rodríguez a été officiellement investie présidente par intérim du pays, le lundi, marquant une étape cruciale à la suite de l’arrestation de Nicolás Maduro. Lors de sa prestation de serment, elle a exprimé "sa loyauté envers Maduro", une déclaration qui reflète l’urgence et la fragilité de la situation politique actuelle.
“Au cœur de cette tourmente, le Venezuela est plongé dans un silence inquiet, une tentative d’apparente normalité”, rapporte El País. Dans ce climat surréaliste, la vice-présidente, âgée de 56 ans, s’est vue propulsée au devant de la scène, se positionnant comme la figure la plus influente du pays, tout en jouant un jeu délicat entre le chavisme et une coopération potentielle avec les États-Unis, marquée notamment par les récentes déclarations de Donald Trump.
Le jour même où Maduro se déclarait non coupable de narcoterrorisme lors de son audience à New York, Rodríguez a pris les rênes du pays, lors d’une cérémonie dominée par une Assemblée nationale à majorité chaviste. Folha de São Paulo souligne que sa prestation était un "rituel politique visant à projeter l’image de continuité" dans un contexte tumultueux.
Lors de sa prise de fonction, Rodríguez a annoncé être "profondément attristée par la souffrance du peuple vénézuélien", s'exprimant contre l'"agression militaire illégitime" qui pèse sur la nation. Elle a promis "stabilité et sécurité" tout en rendant hommage à Maduro et son épouse, présentés comme des victimes d’un enlèvement par les États-Unis. Des experts en politique latino-américaine s’interrogent sur la capacité de Rodríguez à maintenir cette promesse dans un climat marqué par des tensions croissantes et une possible augmentation de la répression, comme l’a noté Bloomberg.
Le soutien du fils de Maduro, Nicolás Maduro Guerra, ainsi que les commentaires conciliants d’un gouvernement qui prend la main, dévoilent une stratégie des élites chavistes pour préserver leur pouvoir face aux menaces externes, tout en essayant de regagner la confiance d’un peuple désillusionné.
Dans le camp de l’opposition, María Corina Machado, cheffe reconnue, déclare vouloir revenir au pays “le plus vite possible”, avec l'intention de redresser la situation en proposant un projet de refondation nationale, basé sur des élections libres et équitables. Non loin de là, France 24 rapporte qu'elle a affirmé pouvoir obtenir plus de 90% des voix lors des futures élections, si ces dernières se tiennent dans un cadre démocratique.
Ce fragile équilibre entre continuité et changement au Venezuela se retrouve au cœur des préoccupations internationales, avec des acteurs extérieurs scrutant de près l’évolution de la situation. Au cours des prochaines semaines, la capacité de Rodríguez à unir et stabiliser les factions divisées du pays sera déterminante, non seulement pour l’avenir immédiat du Venezuela, mais également pour le positionnement régional des alliances géopolitiques.







