Le président américain Donald Trump a récemment pris une décision marquante en signant un décret d'urgence destiné à encadrer les avoirs vénézuéliens sur le sol américain, notamment leurs revenus pétroliers. Cette initiative vise à prévenir toute saisie par des tribunaux ou créanciers ainsi qu'à renforcer l'influence des États-Unis sur les ressources énergétiques de Caracas.
Ce décret, présenté vendredi par la Maison Blanche, a pour but d'« aligner les intérêts économiques et stratégiques des États-Unis » avec ceux du régime vénézuélien. Afin de gérer ces avoirs, un Fonds de dépôt sera créé, qui rassemblera tous les comptes publics vénézuéliens aux États-Unis, ainsi que les profits issus de la vente de pétrole.
Une des conditions claires de cette mise en place est l'interdiction formelle de saisie de ce fonds, même en cas de litiges. Le département du Trésor américain devra veiller à ce que la nature souveraine de ces ressources soit bien maintenue, les considérant comme propriété du gouvernement vénézuélien mais gérées sous le contrôle américain. Ce dispositif pourrait potentiellement être vu comme un mécanisme visant à restaurer un certain ordre dans l’industrie pétrolière du Venezuela, déjà affaiblie par des années de sanctions et de sous-investissements.
Vers une relance de l'industrie pétrolière
Lors d'une réunion à Washington, Trump a rencontré les leaders de grandes compagnies pétrolières, allant même jusqu'à les inciter à reprendre les rênes des vastes réserves pétrolières vénézuéliennes. Malgré le manque d'engagements concrets des entreprises présentes, le président a assuré : « Vous aurez une sécurité totale pour opérer ici ». Cependant, il a précisé qu'aucune intervention militaire américaine ne serait envisagée à ce stade.
Les experts estiment que la relance de la production pétrolière vénézuélienne, qui se limite actuellement à environ un million de barils par jour, nécessiterait des investissements considérables. Selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le Venezuela possède les plus importantes réserves prouvées au monde, mais la réalité de l'exploitation reste complexe. Le brut vénézuélien est plus visqueux que son homologue américain, rendant son raffinage à la fois coûteux et écologiquement problématique.
Des voix critiques, parmi lesquelles celle de l'analyste pétrolier Sébastien Junker, soulignent que la stabilisation de l'industrie pétrolière du Venezuela pourrait prendre des années, d'autant plus que l'incertitude politique demeure une ombre pesante sur toute initiative d'investissement. Il s’agit là d’une démarche qui, selon lui, pourrait subir de nombreux rebondissements avant de porter ses fruits.
En conclusion, la mise en œuvre de ce décret et la manière dont le gouvernement américain interviendra dans la gestion des actifs vénézuéliens pourraient marquer un tournant dans les relations économiques entre les deux pays. Les yeux du monde se tournent désormais vers Washington, attendant de voir comment cette stratégie se traduira sur le terrain.







