La dynamique entre les États-Unis et le Royaume-Uni semble se dégrader. Le président Donald Trump a récemment exprimé ses frustrations concernant le Premier ministre Keir Starmer, l'accusant de ne pas soutenir suffisamment son grand allié dans le conflit moyen-oriental.
"Je suis très déçu par Keir Starmer", a déclaré Trump à la presse britannique, soulignant que la relation entre les deux nations n'est plus ce qu'elle était. Ces propos ont été rapportés par le tabloïd The Sun.
Il a accusé Starmer de ne pas être "coopératif" et a souhaité qu'il offre une aide plus décisive. "Jamais je n'aurais pensé voir cela de la part du Royaume-Uni", a-t-il ajouté.
En réponse, le secrétaire d’État britannique aux relations intergouvernementales, Darren Jones, a tenté de minimiser les tensions. "Il est essentiel de rappeler que les relations entre nos pays demeurent cruciales", a-t-il déclaré sur Times Radio, tout en insistant sur leur importance opérationnelle.
Keir Starmer, lors d'une récente allocution au Parlement, a joué la carte de la légitimité en affirmant qu'il n'avait jamais entendu Trump exprimer son désaccord sur la décision britannique de ne pas participer aux premières frappes.
Au centre des tensions se trouve la base militaire stratégique de Diego Garcia, située dans l'océan Indien. Bien que Londres ait initialement refusé d'autoriser son utilisation par les États-Unis contre l'Iran, une autorisation a finalement été accordée pour frapper des cibles militaires.
Pour Trump, Starmer a simplement tardé à agir, une accusation à laquelle le Premier ministre a rétorqué qu'il avait agi dans l'intérêt national du Royaume-Uni.
Londres a également exprimé des réserves sur la stratégie des États-Unis, soulignant qu'ils ne croyaient pas au changement de régime par voie aérienne. Starmer a rappelé que l'expérience passée, notamment la guerre en Irak, devrait guider les actions britanniques, qui doivent reposer sur des bases légales solides.
La longue histoire qui unit les deux pays, marquée par 250 ans d'échanges diplomatiques, militaires et économiques, se voit encore une fois mise à l'épreuve. Depuis sa prise de pouvoir en juillet 2024, le gouvernement de Starmer s'efforçait de maintenir des relations positives avec l'administration Trump.
Malgré une visite d'État accordée à Trump et sa femme Melania, les tensions avaient déjà commencé à émerger, notamment à cause de la restitution de l'archipel des Chagos à l'île Maurice, un acte dénoncé par Trump comme une "grande stupidité".
Le président américain n'hésite pas aussi à critiquer la politique intérieure britannique, faisant état de préoccupations sur les prix de l'énergie et l'immigration : "Vos prix de l'énergie sont exorbitants", a-t-il déclaré.
Pour Evie Aspinall, directrice du British Foreign Policy Group, le Royaume-Uni se retrouve de nouveau sur la corde raide sur le plan diplomatique. Elle souligne l'importance de la coopération avec les États-Unis pour protéger les intérêts de sécurité du Royaume-Uni, tout en étant prudente vis-à-vis d'une collaboration trop étroite avec une administration considérée comme de plus en plus imprévisible.
Le Premier ministre est également critiqué par l'opposition au Royaume-Uni. Robert Jenrick, un cadre du parti anti-immigration Reform UK, a reproché à Starmer son manque de fiabilité, ce qui met à mal les relations bilatérales.
Malgré ces tensions, certains estiment que la relation spéciale entre le Royaume-Uni et les États-Unis, bien plus profonde qu'un simple partenariat entre un président et un Premier ministre, pourra être restaurée avec le temps.







