L'assaut de drones iraniens sur l'Azerbaïdjan, allié d'Israël, engendre des craintes quant à l'expansion du conflit au Moyen-Orient vers le Caucase. Des experts analysent cette situation, signalant que Bakou a déjà promis des représailles suite à ces frappes.
Vendredi, l'Azerbaïdjan a annoncé le retrait de son personnel diplomatique d'Iran, après que quatre drones iraniens aient ciblé l'exclave du Nakhitchevan, limitrophe de l'Iran. Selon les déclarations officielles, un drone a touché un aéroport, un autre a explosé près d'une école, tandis qu'un troisième a été intercepté par les systèmes de défense aériens. Ces attaques ont blessé quatre personnes.
Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a qualifié cette opération de "terroriste" et a donné pour ordre à l'armée de se préparer à d'éventuelles représailles. De son côté, l'armée iranienne a rejeté toute responsabilité en impliquant Israël, qu'elle accuse de tenter de déstabiliser les relations entre Bakou et Téhéran.
L'inquiétude de l'Iran réside dans le fait qu'Israël, en tant qu'allié proche d'Azerbaïdjan et fournisseur d'armements, pourrait utiliser ce territoire comme base pour des frappes. Hakob Badalyan, analyste arménien, a signalé que le risque d'élargissement du conflit dans la région est réel, mais que tout dépendra de la manière dont Bakou et Ankara décideront de répondre.
La Turquie, alliée de l'Azerbaïdjan, a également condamné cette attaque avec fermeté. Néanmoins, l'incident soulève des questions quant à la structure de commandement en Iran et à l'imprévisibilité de ses décisions militaires. Farhad Mammadov, directeur du Centre d'études du Caucase du Sud, a souligné que la chaîne de commandement au sein des forces iraniennes reste troublante.
Pour l'instant, il ne prévoit pas d'opération terrestre d'Azerbaïdjan contre l'Iran, mais il insiste sur la nécessité d'une vigilance sur les actions de Téhéran. Rassim Moussabekov, député azerbaïdjanais, a ajouté que cette incursion illustre le manque de clarté au sein des autorités iraniennes.
Les experts s'opposent à l'idée que cette attaque ait été un incident fortuit. Farid Chafiev, président du Centre d'analyse des relations internationales, évoque une offensive directe étroitement liée aux relations houleuses entre le CGRI et l'Azerbaïdjan.
L'analyse révèle des enjeux stratégiques importants, notamment la vulnérabilité des infrastructures énergétiques reliant le Caucase au marché mondial. Ilham Shaban, directeur du Centre de recherche pétrolière de Bakou, a averti que les installations telles que l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan pourraient devenir des cibles; même si l'oléoduc est principalement enterré, des terminaux et stations de pompage restent susceptibles d'être frappés.
Enfin, la crainte de séparatismes au sein de la minorité azérie en Iran pourrait pousser Téhéran à agir de manière plus agressive. Bakou avait antérieurement déclaré qu'il ne laisserait pas son territoire être utilisé pour des attaques contre l'Iran. Pour l'heure, l'Azerbaïdjan ne souhaite pas s'engager dans un conflit armé, mais se doit d'être préparé à toute éventualité.







