La cour a prononcé le 10 mars une peine de cinq ans de prison contre Océane Granger, une femme de 31 ans ayant rejoint le groupe Etat islamique (EI) avec son compagnon Amirouche Belounis, tous deux liés à la filière djihadiste des Buttes-Chaumont. L'accusée comparaissait libre sous bracelet électronique, tandis que son compagnon, supposé mort, a été condamné par défaut à trente ans de réclusion.
Le couple avait quitté la France en juin 2015, emmenant leur enfant en suivant un itinéraire complexe grâce à des faux papiers belges, liés à des réseaux ayant également fourni des membres pour les attentats du 13 novembre 2015.
Face aux membres de la cour, Océane Granger a confessé avoir adhéré aux idéaux de l'EI, en sa qualité de mère et d'épouse. Le procès a reflété le parcours tumultueux d'une femme dont l'enfance, décrite par des experts comme « tendue », a été marquée par la séparation de ses parents. De plus, elle a rencontré son compagnon Amirouche en ligne, un homme déjà connu des services de renseignement et formé à la lutte armée.
Bracelet électronique et suivi socio-judiciaire
La cour a présenté des preuves que Belounis avait combattu en Irak. D'après Océane, il aurait été tué ainsi que leurs deux enfants durant un bombardement à Raqqa, peu avant la chute de cette ville aux mains des forces kurdes, qui marqua la fin de la domination de l'EI.
Elle est restée sur zone jusqu’en 2019, époque à laquelle elle a été rapatriée en France. Depuis son incarcération en octobre 2022, Granger a repris des études et travaille. En mars 2025, elle a été libérée avec un suivi sous bracelet électronique.
Le tribunal a noté la gravité des actes d'Océane Granger, soulignant sa « participation active » au califat et son implication dans l'idéologie terroriste, tout en notant les efforts de remise en question qu'elle a fournis.
La peine prononcée était en dessous des neuf ans requis par l'avocat général, assortie néanmoins d'un suivi socio-judiciaire de cinq ans.
Les implications sociales et psychologiques d'un parcours aussi dramatique soulèvent des questions pressantes sur le retour des « revenants » du jihadisme en France, un sujet dont la complexité est mise en lumière par la regrettée journaliste du Franceinfo, qui a souligné l'importance de la réinsertion de ces individus coupés de leurs racines.







