Les boulangers, fleuristes et autres commerçants se demandent s'ils pourront faire travailler leurs employés le 1er mai sans redouter des amendes. En réaction aux fortes oppositions exprimées par les syndicats, le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de ce texte par les députés.
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Cette année, Jacques-Edouard Duffour, artisan boulanger, nourrissait l'espoir que la situation évolue pour permettre à ses salariés de travailler légalement le 1er mai. Cependant, le ministre du Travail a récemment annoncé que les règles ne changeraient pas. Pour Duffour, ces journées sont cruciales pour les recettes, comme il l'explique : "Il n'y a pas de jour de fermeture, donc on a moins de pertes. Ces journées entraînent une hausse de chiffre d'affaires estimée entre 15 % et 100 %".
Malgré les interdictions, certains salariés ont continué à travailler en feeling. Andrea Mathieu, vendeuse, déclare : "Travailler les jours fériés ne me dérange pas, surtout avec un supplément". En revanche, sa collègue a choisi de rester chez elle pour s'occuper de ses enfants pendant le long week-end.
Du côté des clients, les avis divergent. Une cliente s'exprimant en faveur du travail le 1er mai confie : "Je suis pour que ceux qui veulent travailler puissent le faire", alors qu'un jeune client s'oppose à cette idée : "On a déjà beaucoup de travail, et on a besoin de repos".
Un projet reporté à 2027
Actuellement, la législation permet à certains patrons d'ouvrir le 1er mai, mais seulement sans leurs équipes, sous peine d'amendes de 750 euros par salarié en cas de contrôle. Le gouvernement avait envisagé d'élargir les dérogations à d'autres secteurs, mais il fait face à la pression des syndicats qui estiment que : "Le 1er mai n'est pas une journée commerciale", a affirmé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Ce report est un coup dur pour Christophe Moricet, fleuriste à Poitiers, qui espérait une ouverture avec son équipe : "C'est une journée clé, comparable à la Fête des mères, et travailler à deux au lieu de huit rend la journée très difficile".
Le gouvernement a donc confirmé que la loi concernant le travail le 1er mai ne sera pas discutée avant 2027, remettant en question les perspectives d'évolution de cette journée devenue emblématique.







