Les violences survenues après la victoire du PSG en Ligue des champions le 30 mai ont conduit Sébastien Lecornu à adopter une position plus ferme. Le Premier ministre envisage de soumettre un projet de loi en juillet, visant à obliger ceux qui causent des dommages à en assumer les frais. Présentée comme une mesure essentielle par l’exécutif, cette initiative doit néanmoins se frayer un chemin au sein d’un Parlement fracturé.
"Tu casses, tu paies". En janvier 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, avait lancé cette formule accrocheuse lors de sa déclaration de politique générale. Aujourd’hui, son successeur Sébastien Lecornu relance ce principe, désireux d'imposer des amendes aux fauteurs de troubles.
Le chef du gouvernement a annoncé dimanche 14 juin, qu'un projet de loi sera présenté en Conseil des ministres en juillet. Ce texte aura pour but de faire porter la charge financière des dégradations sur les auteurs d’actes violents dans l’espace public.
"Il n'est plus acceptable que la collectivité supporte le coût des destructions"
Les événements ayant suivi la victoire du PSG ont déclenché un débat national. À Paris et dans d'autres grandes villes, les scènes de pillage, d'incendie et de dégradations ont suscité une onde de choc au sein de la population. Ces incidents ont été jugés inacceptables par Lecornu, qui a déclaré : "Dans une foule violente, chacun jouit de l’anonymat, et ce sont in fine les citoyens et assurés qui paient le prix de ces dérives.".
Cette offensive coïncide avec une période où les finances publiques sont déjà sous pression. Avec un objectif de réduction des dépenses, l’exécutif s'efforce d’établir des responsables pour chaque coût. Lecornu a rappelé que "ce n'est plus acceptable que la collectivité supporte les conséquences des actes de quelques-uns".
<script async src="https://platform.x.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>Après les violences et les destructions qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des champions, le Gouvernement présentera en juillet en Conseil des ministres un projet de loi visant à faire assumer directement aux auteurs le coût des dégradations commises dans l’espace public…
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) June 14, 2026
Des retenues sur les prestations sociales
Cette nouvelle législation prévoit une contribution financière obligatoire pour les participants à des rassemblements qui dégénèrent. Même sans être identifié comme l’auteur d’un acte particulier, un individu pourrait être tenu de participer aux frais de réparation. Les montants seraient adaptés à la situation financière de chacun et pourraient être échelonnés sur plusieurs années. Certaines prestations sociales pourraient également être sollicitées.
Reste à voir si cette proposition de loi passera l'épreuve parlementaire. Bien que la majorité des élus, excepté ceux de LFI, aient dénoncé les violences post-PSG, le gouvernement fera face à des réserves au sein de la gauche concernant les prestations sociales, ainsi qu'à des critiques potentielles de la droite qui pourrait estimer que la mesure est trop laxiste. Une certitude demeure : pendant que Gabriel Attal plaidait pour "tu casses, tu répares", Sébastien Lecornu souhaite établir un nouveau principe : "tu casses, tu payes".







