À l’heure de l’assemblée générale de l’Association des maires ruraux de la Vienne, son président fait le point sur les enjeux et l’avenir de la ruralité entre difficultés et solutions.
L’Assemblée générale ordinaire de l’Association des maires ruraux de la Vienne s’est tenue le 1er juillet 2026 à Bellefonds. Ce fut l'opportunité pour Cyril Cibert de dresser un état des lieux de l’association et des défis contemporains de la ruralité.
Quels ont été les principaux sujets abordés lors de cette assemblée générale ?
Cyril Cibert : « C’était une réunion surtout statutaire. Nous avons procédé à l’élection d’un nouveau bureau, car certains de nos membres, naguère maires, ne le sont plus aujourd'hui. Nathalie Tabuteau, maire de Moulismes, Olivier Briand, maire de Monts-sur-Guesnes, et Anthony Lamy, maire d’Yversay, ont rejoint notre bureau, accompagné de deux jeunes aux compétences précieuses, Benjamin Audet et Flavien Cartier. Nous avons également fait le point sur l’année écoulée, notamment sur l’organisation du congrès national des maires ruraux de France au Futuroscope en septembre. »
Pour vous, « seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin » résume parfaitement votre association ?
« C’est exactement cela. La communauté des maires s’est considérablement élargie, passant de cinq adhérents en 2020 à 135 aujourd'hui. Nous avons gagné en reconnaissance et prenons part à de nombreuses commissions préfectorales. Il est essentiel de renforcer notre bureau et de rassembler davantage de maires pour assurer une meilleure représentation. Les maires ruraux sont les vecteurs de la mobilisation en faveur de la ruralité. Avec un ministre dédié, notre voix gagne en portée, mais nous devons être prêt à relever ces défis. »
La ruralité subit des transformations difficiles, notamment avec la fermeture de services publics. Quels enjeux se posent aujourd'hui ?
« La question des écoles est cruciale. Nous savons que le nombre d'élèves diminue, mais nous ne pouvons pas faire les frais d'une gestion à courte vue. En milieu urbain, les enfants peuvent facilement changer d'école; en milieu rural, c’est une autre nébuleuse. Nous demandons une attention particulière à nos territoires. La fermeture d’écoles doit être examinée avec soin — la perte de services postaux est également problématique. Certaines communes restent sans couverture téléphonique ou internet. De plus, nous devons améliorer la mobilité pour ceux vivant à proximité des zones d'emplois. À l'approche des élections présidentielles, il est vital que les politiciens nous apportent des solutions concrètes. »
Et en matière d'attraction des populations en milieu rural, que proposez-vous ?
« La pandémie a suscité un intérêt croissant pour la vie à la campagne. La qualité de vie en milieu rural est un atout considérable. Cependant, les annonces comme le “zéro artificialisation nette” doivent s’accompagner de financements pour rénover des maisons abandonnées. Cela offrirait de vraies solutions de logement. Avec des budgets adaptés, nous pourrions réaliser des projets concrets. Nous devons continuer d’innover, car comme je le dis souvent, nous sommes les MacGyver de la démocratie, maniant les ressources disponibles pour construire notre avenir. La ruralité représente un atout majeur pour la France. »







