La démocratie actuelle fait face à une crise profonde, non pas uniquement des effets des réseaux sociaux, mais d'une altération de la conscience citoyenne. Laurent Stalla-Bourdillon, prêtre et réflexologue, nous rappelle que la vitalité démocratique repose sur la responsabilité individuelle et la recherche du bien commun.
Les conséquences des technologies numériques sur la santé mentale et politique sont souvent mises en avant. Cependant, nous devons reconnaître que la démocratie nécessite une conscience de l’individu, capable de résister aux influences extérieures. Comme l'indique le sociologue Pierre Rosanvallon, la démocratie repose avant tout sur une éducation des individus à l'importance de leur engagement civique.
Les valeurs de responsabilité, de vérité et d'unité sont essentielles pour assurer un avenir démocratique. Malheureusement, nous avons tendance à réduire cette complexité à une simple expression de la liberté individuelle. Les électeurs, tout comme les consommateurs, portent une charge de responsabilité envers la société. Ignorer cela revient à créer une vision déformée d'une démocratie où chacun agit sans égard pour l'autre.
Réaffirmer le sens de la citoyenneté signifie reconnaître que chaque vote influence le destin collectif. L’idéologie d’un consumérisme politique façonne une culture d’insouciance alors que chaque individu doit être conscient de son rôle dans le maintien de l'unité sociale.
Les défis actuels de nos démocraties viennent aussi de la désarticulation des structures familiales, premières écoles de formation des responsabilités. L’économiste et penseur Emmanuel Todd souligne l'importance de la famille comme matrice de stabilisation de la société. En effet, la participation à la vie démocratique doit s’apprendre, et la famille constitue le premier niveau d’éducation à cette responsabilité.
Pour rétablir une conscience citoyenne robuste, il est impératif de cultiver des dispositions telles que l’introspection, la capacité de discernement et le sens du collectif. Ce travail doit également inclure une dimension spirituelle, insistant sur le respect de la vérité et l’unité dans le bien commun. Comme l'affirme le philosophe Paul Ricoeur, une société ne peut s'épanouir que par des liens de solidarité et d'échange.
En conclusion, la crise actuelle des démocraties ne peut être attribuée uniquement aux technologies contemporaines. Elle traduit également un besoin urgent d'éveiller les consciences civiques et spirituelles. Ignorer cet aspect, par crainte d'être perçu comme un donneur de leçon, contribue à l’effritement de nos valeurs démocratiques. Pour espérer un renouveau, il incombe donc à chacun de s'engager davantage dans cette transformation intérieure et institutionnelle.







