Le jeune militant nationaliste, Quentin Deranque, a perdu la vie suite à des coups portés par au moins six individus masqués, selon le procureur de Lyon, qui a redéfini l'enquête comme un "homicide volontaire".
Lors de son arrivée aux urgences jeudi dernier, le jeune homme, âgé de 23 ans, présentait des blessures à la tête fatales. "Sa condition était critique, sans espoir de rétablissement", a révélé Thierry Dran, le procureur, lors d'une conférence de presse.
Contrairement aux informations préliminaires relayées par l'AFP, aucune blessure par arme blanche n'a été constatée sur Quentin, qui ne comptait pas de casier judiciaire. Les enquêteurs ont d'ores et déjà interrogé plus de quinze témoins et examinent les images de surveillance de l'incident, mais aucun suspect n'a pour l'heure été appréhendé. "Nous visons à identifier tous les auteurs des faits", a précisé le magistrat.
Le gouvernement a rapidement évoqué la possible implication du groupe antifasciste "La Jeune Garde", mais le procureur a refusé d'avancer sur le profil des assaillants. "Nous devons attendre les interpellations pour fournir plus de détails", a-t-il ajouté, insistant sur l'importance de baser les déclarations sur des éléments concrets, non sur des rumeurs.
Les événements ont eu lieu jeudi, peu avant la conférence de l'eurodéputée LFI, Rima Hassan, à Sciences Po Lyon. Des militantes du collectif identitaire Némésis avaient déployé une banderole dénonçant sa présence, et avaient sollicité des amis pour les soutenir en cas de conflit, bien que ces derniers soient restés en retrait durant l'affrontement.
Deux femmes ont rapporté avoir été agressées, l'une étranglée et l'autre projetée au sol, recevant respectivement deux et cinq jours d'ITT. Vers 18h00, un groupe d'une vingtaine d'individus masqués a attaqué les partisans de Némésis. Trois personnes, dont Quentin Deranque, ont été isolées et sévèrement frappées.
Après l'agression, un ami de Quentin, le retrouvant conscient, a tenté de le raccompagner chez lui avant de solliciter les secours compte tenu de son état dégradé. Malheureusement, le jeune homme a été déclaré mort dans la nuit de samedi.
- Implications politiques -
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a mentionné une possible responsabilité de "La Jeune Garde", qui a rejeté les accusations concernant ces terribles événements. Ce groupe, fondé à Lyon en 2018 sous la houlette de Raphaël Arnault, député de La France insoumise, fait l'objet d'une procédure de dissolution. Dans un message posté sur X, Arnault a exprimé son "horreur" face à la mort de Quentin.
Alice Cordier, présidente de Némésis, a identifiée un assistant parlementaire de Raphaël Arnault comme agresseur. Jacques-Elie Favrot a fermement nié toute implication tout en suspendant ses fonctions le temps de l'enquête.
De plus, lundi, Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a suspendu les droits d'accès de Favrot, dont le nom a été mentionné par plusieurs témoins. D'autres membres ou anciens membres de "La Jeune Garde" ont également été cités sur les réseaux sociaux, soulevant des préoccupations au sujet du fichage des militants de gauche par des groupes identitaires.
Quentin Deranque, ancien membre de l'Action Française à Vienne, était depuis cette année étudiant en Sciences des données à l'université Lumière Lyon II, et engagé dans un groupe nationaliste-révolutionnaire local, comme l'a précisé un porte-parole d'un autre groupe nationaliste.







