Cela fait presque dix ans que cette rivalité jette une ombre sur le paysage politique de la Côte d’Azur. En mars prochain, lors des élections municipales, les électeurs de Nice seront témoins d’un affrontement sans précédent entre le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) et le député Éric Ciotti (Union des droites pour la République).
Les Niçois semblent fatigués de cette guerre des mots entre ces figures de la droite. "C'est insensé de voir deux anciens camarades en guerre ouverte, ils devraient se concentrer sur l'intérêt commun", partage un résident de longue date. La rivalité a plongé la ville dans une intense atmosphère politique, avec des échanges d'invectives qui virent parfois au personnel.
Ici, tout le monde se souvient des débuts : en 1988, Éric Ciotti était le collaborateur de Christian Estrosi. Ensemble, ils ont gravi les échelons politiques jusqu'à leur rupture, marquée par l’alignement d'Estrosi vers le camp d’Emmanuel Macron. Cependant, cette division n'a pas seulement créé deux camps, elle a également engendré des tensions notables, potentiellement nuisibles aux Niçois comme le souligne la politologue Virginie Martin de Kedge Marseille.
Des tensions palpables
Les rumeurs de coups bas ajoutent à la tension ambiante. La semaine dernière, des allégations de menaces ont conduit à une plainte déposée par un collaborateur de Ciotti, exacerbant encore un climat déjà difficile. "Cela ne devrait pas arriver dans le cadre d'une campagne", déclare Paul, un électeur de 26 ans. "On s'est éloigné des vrais enjeux politiques. On en vient à faire des plaintes pour des altercations mineures!"
Les citoyens expriment leur lassitude face à cette joute incessante. Geneviève, habituée de la Promenade des Anglais, juge "ridicule" que des personnalités publiques se laissent entraîner dans de telles querelles. Pour elle, et plusieurs autres, il est temps que les politiciens se concentrent sur des propositions constructives, au lieu de se livrer à des attaques mutuelles.
Un appel au calme
Face à cette escalade, le préfet des Alpes-Maritimes a récemment appelé au "calme et à la sérénité". Cependant, les adresses de conflit semblent persister, même après l'initiative du Club de la presse des Alpes-Maritimes, qui a cherché à instaurer une charte de bonne conduite. Les promesses de comportements respectueux demeurent lettre morte, au regard de l'intensité des hostilités.
Christian Estrosi et Éric Ciotti s'astreignent à défendre leurs positions respectives, cependant, cette rivalité pourrait bien devenir un motif de fatigue électorale pour les habitants. "Je suis fatigué de cette histoire personnelle entre eux", constate Dorian, un jeune Niçois, qui s'interroge s'il existe encore un véritable projet politique émergent. "Il est temps de changer le sujet et de voir plus grand que ce petit jeu, assure-t-il, je voudrais que le débat politique ne soit pas réduit à ces querelles de personnes."







