« Il n’y aura pas d’autres meetings de ce type-là dans les établissements », a déclaré Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur, quatre jours après la mort tragique de Quentin Deranque, un militant nationaliste, lors d’une conférence de Rima Hassan (LFI) à Sciences Po Lyon. Cette affirmation ne se limite pas à une simple déclaration, puisque le ministre a également précisé avoir adressé une circulaire aux préfets et recteurs, leur rappelant leur rôle dans l’évaluation des risques de troubles à l’ordre public.
Il est important de noter que ce cadre juridique permet déjà d’interdire de nombreux événements. Cependant, cette circulaire vise avant tout à soutenir les directions des établissements, souvent mises sous pression par des minorités étudiantes. La situation actuelle reflète une tension croissante entre les valeurs de liberté d’expression et le besoin de garantir un climat serein sur les campus. Des chercheurs tels qu’Emmanuelle Pierre, spécialiste des dynamiques universitaires, constatent que les directions semblent souvent paralysées face aux revendications d'une partie de la communauté étudiante.
La volonté du ministère de renforcer son influence suscite des critiques. Certains universitaires mettent en avant une atteinte potentielle à la liberté académique, soulignant qu’une telle approche pourrait marginaliser les voix dissidentes qui, souvent, se trouvent déjà en situation d'isolement dans les domaines de sciences humaines et de politique, où le panorama idéologique semble se limiter à des figures comme Jean-Luc Mélenchon ou Marine Tondelier. La question se pose : où peut-on placer le débat contradictoire dans un tel cadre?
Le conformisme idéologique semble prédominer, jusqu’à rendre difficile l’expression de perspectives divergentes. Par exemple, l’invitation de Rima Hassan, eurodéputée connue pour ses propos controversés sur le Hamas et pour ses attaques envers des figures politiques, a soulevé des inquiétudes quant à sa pertinence dans un institut dédié à l’étude sérieuse des sciences politiques. Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation nationale, a récemment souligné l'importance d'un pluralisme d'opinions pour enrichir le débat académique.







