Les répercussions de l’enquête sur le décès du militant nationaliste Quentin Deranque s'intensifient, entraînant neuf interpellations dont celle d'un assistant parlementaire d'un député de La France Insoumise (LFI). Le gouvernement exige désormais des mesures contre Raphaël Arnault, l'élu concerné.
"La France Insoumise doit faire le ménage au sein de ses équipes", a martelé Maud Bregeon, porte-parole de l'exécutif, appelant Mathilde Panot à prendre des mesures à l'égard de Raphaël Arnault, lors d'un entretien sur franceinfo.
Quentin Deranque, âgé de 23 ans, a été agressé jeudi soir par un groupe masqué, alors qu'il assurait la sécurité d'une conférence de l'eurodéputée LFI, Rima Hassan, à Sciences Po Lyon. Gravement blessé, il est décédé le samedi suivant, laissant un profond choc au sein de la communauté politique.
Les interpellations des suspects se sont déroulées dans diverses régions, notamment à Lyon, Haute-Loire et Drôme. Parmi eux, Jacques-Elie Favrot, l'assistant parlementaire de Raphaël Arnault, est suspecté d'avoir eu un rôle actif dans les violences. Selon des sources proches de l'enquête citées par l'AFP, d'autres arrestations pourraient être à venir.
Raphaël Arnault a déclaré qu'il avait entrepris des démarches pour cesser le contrat de Favrot, qui a d'ores et déjà mis un terme à toutes ses activités parlementaires. "Il reste à l'enquête d'établir les responsabilités", a-t-il ajouté.
Les critiques se multiplient. Jordan Bardella a exprimé sur Europe 1/CNEWS qu'Arnault ne devrait plus siéger à l'Assemblée nationale, tandis que la présidente de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a également soulevé des questions sur la capacité des élus à représenter la nation.
Cet incident est révélateur d'un problème plus large touchant LFI. Maud Bregeon a insisté sur la "responsabilité morale" du mouvement et a appelé à une absence totale de députés LFI après les prochaines élections. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a demandé au parti de se purger lors d'une séance particulièrement tendue au sein de l'Assemblée.
Les critiques proviennent même de l'intérieur de la gauche. Raphaël Glucksmann, eurodéputé de Place Publique, a qualifié d'"impensable" toute alliance avec LFI à la suite de la mort de Deranque, des propos que l'ancien président socialiste François Hollande a également soutenus, affirmant qu'aucune alliance n'était envisageable.
Avec les élections municipales imminentes, cet incident pose des complications aux futurs pactes électoraux de la gauche. Hollande a par ailleurs noté l'importance pour LFI de couper les liens avec La Jeune Garde, associée à des accusations de violence.
LFI se trouve dans une position délicate, dénonçant ce qu'elle qualifie d'"instrumentalisation" du décès tout en essayant de prendre ses distances. Jean-Luc Mélenchon a admis des connexions passées avec La Jeune Garde, mais a toujours rejeté la violence, affirmant que le mouvement ne souhaitait pas être le réceptacle de ce genre d'affrontements.
La Jeune Garde a de son côté indiqué ne pas être responsable de la mort de Quentin Deranque, affirmant avoir suspendu toutes ses activités.







