Le gouvernement a récemment dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, un document qui établit un ensemble de cinq piliers et quatorze objectifs visant à accroître la résilience numérique de la France dans un contexte de menaces de plus en plus répandues.
Présentée le 29 janvier par le Président Emmanuel Macron, cette stratégie, sous l'égide du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), vise à faire de la France un leader dans l'espace cybernétique. À une époque où la numérisation prend de l'ampleur dans tous les secteurs, le cyberespace devient un terrain d'affrontement majeur, mettant en jeu l'espionnage, le sabotage et l'extorsion. Selon des analyses du journal *Le Monde*, cette escalade des cybermenaces provient d'un mélange d’acteurs étatiques et de cybercriminels, exploitant les vulnérabilités des infrastructures critiques dans un environnement géopolitique instable.
Cinq piliers et quatorze objectifs opérationnels
Pour faire face à ces enjeux, la stratégie s'articule autour de cinq grands axes et quatorze objectifs concrets. Le premier d'entre eux, jugé prioritaire, vise à faire de la France le premier vivier de talents en cybersécurité en Europe. Ce projet stipule l'importance d'intégrer une culture de cybersécurité dès l'école, avec des investissements accrus dans la formation initiale et continue, tout en favorisant la convergence des compétences à l’échelle européenne. Un expert en sécurité numérique, interrogé par *Franceinfo*, a souligné que cette pénurie de professionnels qualifiés est l'un des facteurs de vulnérabilité majeurs du système français.
Le deuxième pilier se concentre sur la résilience de la nation face aux crises cybernétiques. Cela inclut le renforcement de la protection générale et la création d'un cadre efficace pour l'accompagnement des victimes. La stratégie prévoit des exercices de grande envergure pour tester la réponse aux crises, ainsi qu’un portail national de cybersécurité, 17Cyber, pour informer le grand public.
En parallèle, la France s’engage à freiner l'expansion des cybermenaces (troisième pilier) en mobilisant des leviers juridiques, diplomatiques et techniques, en intégrant davantage les acteurs privés dans la défense du cyberespace. Cette approche, bien qu'ancrée dans le respect du droit international, adopte également une posture de dissuasion et de réaction coordonnée.
Enfin, les deux derniers piliers sont axés sur la maîtrise des technologies numériques et l’engagement international, visant à réduire les dépendances technologiques tout en encourageant un marché européen de la cybersécurité. Il existe une volonté manifeste de promouvoir une gouvernance internationale stable, reposant sur le multilatéralisme et la collaboration entre alliés.
Bien que cette stratégie ait été globalement saluée, des experts plaident pour des réformes structurelles rapides pour transformer cette vision en actions concrètes. L'enjeu, selon un rapport publié dans *Les Echos*, est de garantir que cette ambition se traduise par des résultats tangibles sur le terrain.







