« On a résisté à l’épuration », a confié un élu sortant, soulagé de figurer sur la liste Baroin. Conscients des critiques potentielles concernant une certaine usure du pouvoir, les membres de son équipe font preuve d’unité à l’approche du scrutin. Sur 41 élus sortants, 21 n’ont pas été reconduits, y compris le maire adjoint chargé des sports, Frédéric Serra, une figure appréciée dans le milieu sportif local. « On n’est que de passage, personne n’est propriétaire de quoi que ce soit », rappelle Baroin.
La campagne de ce dernier se centre sur des notions de « stabilité, proximité et sécurité ». Il a choisi de reconduire les sortants qui ont fait preuve de « solidarité » et de « loyauté » tout en intégrant de nouveaux visages issus de la société civile, y compris certains membres de l’opposition. C’est le cas de Jamila Azzab, conseillère principale d’éducation, qui a vu ses interventions lors des séances municipales séduire Baroin. « Je pense qu’elle peut apporter une nouvelle dynamique », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la diversité des opinions au sein de son équipe. De son côté, Azzab met en avant ses valeurs d’accessibilité et d’égalité.
« Je veux rappeler à ces gens du RN que la Ville de Troyes n’est pas une agence de voyages »
Une autre entrée inattendue dans la liste de Baroin est celle de Luc Scherrer, un macroniste reconnu et ancien conseiller municipal à Epernay. Malgré ses affinités politiques, Baroin souligne qu’il ne le considère pas comme un pur produit du centriste. « Luc est jeune et a besoin de cette expérience », a-t-il taquiné.
Dans les échanges politiques, Baroin a également fait preuve d’un franc-parler à l’encontre du candidat du Rassemblement national, Pierre Brochet. Au sujet de Brochet, qui a critiqué la gestion municipale, Baroin a ironisé sur le fait qu’il s’intéresse davantage à son parcours international qu’aux réalités locales. Brochet, pour sa part, a rétorqué que les Troyens auraient souhaité un maire actif dans la recherche d'entreprises et d'initiatives pour leur ville.
La gauche divisée
De l'autre côté du spectre politique, la candidate LFI Sarah Fraincart s'attaque au bilan de Baroin en se moquant de ses apparitions de dernière minute dans les marchés locaux. « À deux semaines des élections, il vient parader. Où était-il avant ? » s'interroge-t-elle. Fraincart milite pour des projets ambitieux comme des cantines bio et gratuites, ainsi que des logements adaptés.
Toutefois, le paysage de la gauche à Troyes est complexe et fragmenté. LFI agit souvent à l'écart d’autres formations comme le PS et Les Verts, ce qui affaiblit leur position face à Baroin. La militante communiste Charline Briot appelle à des mesures pour faire face à l’urgence climatique, soulignant la nécessité de végétaliser la ville et d’améliorer les infrastructures de transport.
Enfin, les listes « citoyennes » font également leur apparition, comme celle de Loëtitia Beury, ancienne macroniste, qui promet une approche plus locale et réaliste des préoccupations de la ville. Elle insiste sur la nécessité de restaurer la sécurité et la propreté dans les rues de Troyes.
Au milieu de cette tornade politique, l’entrepreneur Pierre Philippe, soutient avoir constitué une liste sans affiliation claire. « Nous voulons baisser la souffrance des gens et améliorer la gestion de l'argent public », clame-t-il. Dans ce climat compétitif, le décor est désormais planté pour une campagne électorale prometteuse.







