C'est une suggestion qui suscite de nombreux débats. Face à la nécessité de désendetter la capitale, certains lecteurs de Le Parisien suggèrent de diminuer le nombre de fonctionnaires. Mais que cachent ces chiffres ?
Données recueillies durant la campagne des élections municipales prévues pour mars 2026, où les lecteurs sont invités à proposer des solutions, montrent que la question de la gestion financière de Paris est primordiale. Aujourd'hui, nous analysons ensemble la proposition de réduire les effectifs du personnel municipal.
Une dette en constante augmentation
Depuis 2014, la dette de Paris ne cesse de grimper, passant de 4,1 milliards à presque 10 milliards d'euros aujourd'hui, un constat alarmant mis en avant dans un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). « La ville se retrouve dans une impasse financière, recourant à des emprunts préoccupants », indiquait la chambre.
De leur côté, les autorités municipales mettent en avant les bonne notations reçues de la part des agences. Au début d'octobre, Standard & Poor's a maintenu son accord de notation de AA, la plus haute pour une collectivité locale, citant la robustesse économique de Paris.
La question des effectifs
La ville compte actuellement 52 984 agents publics, un nombre stable par rapport à 2020. Cela représente un taux d'administration de 24,2 agents pour 1 000 habitants, un chiffre que la CRC souligne mais qui semble moins que dans certaines autres grandes villes.
Les coûts associés
La masse salariale représente 30,98 % du budget de fonctionnement de Paris, soit près de 2,9 milliards d'euros. Malheureusement, malgré une maîtrise des effectifs, les coûts continuent d'augmenter, en particulier en raison des effets collatéraux des Jeux Olympiques.
Les opinions des candidats
- Rachida Dati : Elle prône de non-remplacer partiellement les départs à la retraite.
- Emmanuel Grégoire : Il vise une augmentation maîtrisée de la masse salariale.
- Pierre-Yves Bournazel : Propose d'économiser 4,2 milliards en réduisant le personnel municipal.
- Sophia Chikirou : Préconise un rapport sur la dette tout en refusant des coupes dans les dépenses.
- Sarah Knafo : La plus radicale, elle souhaite réduire le nombre d'agents de moitié pour des économies significatives.
Conséquences d'une telle mesure
Ne pas remplacer certains fonctionnaires pourrait générer des économies mais également créer des pénuries dans certaines niches professionnelles. Le rapport de la CRC indique que près de 43 % des agents font partie des filières techniques.
Cela dit, les économies réalisées demeureraient dérisoires face à la dette accumulée. Par exemple, même en décidant de réduire les effectifs de 5 % (~2 600 agents), les économies en masse salariale ne dépasseraient pas 150 millions d'euros.







