Jeudi dernier, le collectif d’extrême droite Némésis a annoncé qu'il ne participera pas à la manifestation de la Journée internationale des droits des femmes à Paris. Cette décision fait suite à des demandes des organisations féministes et syndicats, qui avaient clairement exprimé leur souhait d'interdire la présence de ce collectif dans le cortège.
La présidente de Némésis, Alice Cordier, a indiqué que le collectif prévoit plutôt d'organiser un rassemblement alternatif. Elle a précisé : "Pour le 8 mars 2026, Némésis organisera un hommage aux victimes, remplaçant notre traditionnel cortège dans la manifestation Nous Toutes".
Un rassemblement statique organisé par Némésis se tiendra également place Jean Lorrain, dans l’ouest de la capitale. Cette décision, selon la préfecture de police de Paris, est issue d'un dialogue avec les organisateurs d'autres événements afin de garantir tant la liberté de manifester que la sécurité des participants.La préfecture a néanmoins précise que les risques de tensions existaient, rappelant que le collectif avait été critiqué pour son intrusion lors de manifestations passées dédiées aux droits des femmes. Entre autres, la CGT, la CFDT et d'autres organisations avaient alerté la préfecture dans une lettre au ministre de l'Intérieur, arguant que la participation de Némésis à ces événements perturbait l’ordre et le message essentiel de la Journée.
Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), a réagi à cette situation délicate en affirmant : "La situation politique exige que nos préoccupations soient prises au sérieux. Nous ne sommes pas à l'abri d'autres groupes similaires souhaitant infiltrer nos manifestations. Il est crucial que nous puissions exprimer nos revendications et nos valeurs sans interférence".
Les tensions autour de la présence de Némésis ne font que s'accroître, leur récente intervention à Lyon ayant eu des répercussions tragiques, avec la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque. 'Il était là pour assurer la sécurité de militantes de Némésis contre la venue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan', explique une source proche de l'enquête, où six personnes sont déjà mises en examen pour homicide volontaire.







