Les tensions s'intensifient sur le dossier de l'oléoduc Droujba entre la Slovaquie et l'Ukraine. Accusée de bloquer les livraisons de pétrole russe, Bratislava conteste les affirmations de Volodymyr Zelensky selon lesquelles l'infrastructure serait encore endommagée suite aux frappes russes. Ce dossier, qui remonte à janvier dernier, quand l'oléoduc a été attaqué, est devenu un point de discorde crucial dans le cadre de la guerre en Ukraine.
Robert Fico, le Premier ministre slovaque, n'a pas mâché ses mots lors d'une récente réunion gouvernementale. « À part un petit réservoir de stockage, l'oléoduc n'est pas endommagé. Zelensky ment clairement », a-t-il déclaré. Tout en affirmant avoir des images satellites prouvant l'intégrité de l'oléoduc, il a refusé de les partager avec les médias, suscitant des interrogations sur ses motivations.
Les relations entre la Slovaquie et l'Ukraine pourraient se détériorer davantage, alors que Fico est convaincu que Zelensky cherche à exercer une pression indue sur Bratislava et Budapest. « J'ignore ce qu'il espère obtenir de nous », a-t-il lâché. Cette réticence à collaborer vient également dans un contexte où l'oléoduc Droujba est essentiel pour l'exportation de pétrole russe vers l'UE, et où la Slovaquie, avec la Hongrie, a obtenu une exemption de l'UE pour continuer à importer du pétrole russe.
La position ukrainienne est que l'oléoduc a effectivement subi des dommages qui ne sont pas complètement réparés. Zelensky a d'ailleurs annoncé que les travaux devraient s'achever d'ici un mois à un mois et demi. Cela pourrait aggraver les relations entre l'Ukraine, la Slovaquie et la Hongrie, alors que ces deux dernières cherchent une solution pour assurer la continuité des livraisons pétrolières.
D'autre part, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a suggéré la formation d'un « comité d’enquête slovaquo-hongrois » pour évaluer l'état de l'oléoduc directement sur place. Toutefois, cette suggestion a été rejetée par Zelensky, basé sur des conseils des services secrets ukrainiens. Parallèlement, Budapest a mis en suspens un prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à l'Ukraine et envisage de bloquer de nouvelles sanctions contre Moscou tant que Kiev ne rétablira pas les livraisons de pétrole.







