Qualifiées de “traîtres” par les médias iraniens après avoir refusé de chanter l’hymne national avant un match de la Coupe d’Asie, les footballeuses iraniennes pourraient pourtant trouver un havre de paix en Australie, pays accueillant la compétition. Le 9 mars, au moins cinq joueuses ont été mises sous la protection de la police dans l'État du Queensland.
“Le temps presse pour l’équipe iranienne”, souligne The Guardian. Après avoir subi trois défaites lors des matchs du premier tour, l'incertitude sur leur avenir grandit.
“Leurs vies sont en danger”, avertit Hadi Karimi, un militant des droits humains basé à Brisbane, dont l'alerte raisonne au-delà des frontières.
Leur décision audacieuse de ne pas chanter l’hymne national le 2 mars les a exposées, avec des médias iraniens qualifiant cet acte de “trahison”, comme le rappelle ABC News.
Bien qu’ayant chanté l’hymne lors des matchs suivants, la peur pour leur sécurité demeure omniprésente. SBS News rappelle que, dans la République islamique, “la corruption et la trahison peuvent entraîner la peine de mort”.
“Les responsables iraniens qui accompagnent l’équipe cherchent à les faire quitter l’Australie le plus rapidement possible”, confie Daniel Ghezelbash, directeur du Centre Kaldor pour le droit international des réfugiés, interviewé par The Guardian. L’urgence de la situation est ainsi avérée.
De nombreux soutiens émergent, notamment de la diaspora iranienne, appelée à solliciter le gouvernement australien pour garantir la sécurité des joueuses. Le prince en exil, Reza Pahlavi, a aussi exhorté le gouvernement à “assurer leur sécurité” sur les réseaux sociaux, une pétition pour leur protection étant également en circulation.
Fuir ou retourner ? Un cruel dilemme
Donald Trump a également pris la parole, affirmant sur Truth Social que “l’Australie commet une terrible erreur en envisageant de renvoyer l’équipe de football iranienne en Iran”. Dans sa déclaration, il a promis que les États-Unis seraient prêts à les accueillir si leur situation ne s'améliorait pas.
L'Australie, signataire de la Convention de Genève pour le statut des réfugiés, a l'obligation de protéger ces athlètes menacées. Cependant, chaque demande d'asile doit d'abord être formellement faite.
Selon le quotidien The Age, cinq joueuses ont réussi à quitter leur hôtel à Gold Coast le 8 mars. “La police les a emmenées en lieu sûr”, déclare Hadi Karimi, précisant qu'elles souhaitent désormais demander l'asile.
Rester en Australie peut également signifier mettre en danger leurs proches restés en Iran. Marziyeh Jafari, l'entraîneuse de l’équipe, exprime son désir de retourner en Iran “dès que possible”, affirmant : “Je souhaite être dans mon pays et avec tous mes compatriotes en Iran”.







