Molène, une petite île bretonne aux 176 habitants, se trouve confrontée à un dilemme majeur. Prévue pour voter le 15 mars 2026 aux municipales, l'île pourrait ne pas avoir de candidats, ce qui la priverait d'une élection. Cette situation inédite suscite des inquiétudes parmi les Molénais, habitués à un statut fiscal particulier instauré par Louis XIV, les exemptant d'impôts locaux en échange de leur expertise maritime.
Didier Delhalle, le maire, rappelle que l'île est protégée par un privilège datant du XVIIe siècle. La crainte d'un rattachement à une commune du continent plane sur l'île. En effet, selon les informations du Ouest-France, si Molène devait être intégrée à une autre commune, les habitants pourraient rapidement se voir imposés comme n'importe quel citoyen continental.
"Si Molène est rattachée à une commune du continent, les Molénais paieront les impôts locaux sur l’indice fiscal de la commune" - Didier Delhalle.
La réunion du conseil municipal du 9 mars 2026 a été marquée par une ambiance particulière, rassemblant près de 10 % de la population. Louis Squiban, conseiller municipal, résume l’inquiétude générale : "On est dans la merde. S’il n’y a pas de liste, on sera rattachée à une commune du continent et alors là, c’est foutu pour Molène." Cette situation souligne une problématique plus large qui touche d'autres petites communes bretonnes en manque de candidats.
De nombreux experts pointent du doigt une tendance alarmante. Selon Pierre Dupont, socio-économiste : "Des communes comme Molène, qui avaient un statut particulier, se voient de plus en plus fragilisées par le manque d’intérêt des candidats pour les mandats locaux." Ainsi, les enjeux vont au-delà des simples élections, touchant aux fondements mêmes de la vie insulaire.
Molène est sous pression alors qu'elle doit impérativement trouver des candidats pour maintenir son indépendance fiscale. Pour les habitants, il ne s'agit pas seulement d'un enjeu municipal, mais d'une question d'identité et de survie face à un monde en rapide évolution.
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