L'essentiel
- Des soupçons pèsent sur des élus PS, PCF et Écologistes qui auraient bénéficié d'indemnités gonflées grâce aux jetons de présence.
- Une capture d'écran de la plateforme Open Conseil de Paris révèle les montants des indemnités et des jetons.
- Confusion entre les montants bruts et plafonnés des jetons, permettant aux élus de cumuler ces rémunérations.
Depuis plusieurs années, la question des jetons de présence à Paris agite le débat public. À l'approche des élections municipales, leur utilisation par certains élus est de nouveau mise en lumière.
Sur les réseaux, divers messages accusent des membres du PS, PCF et Écologistes d’avoir accumulé des sommes considérables via ce dispositif, pourtant encadré par un plafonnement instauré en 2020 sous la direction d’Anne Hidalgo. Pour corroborer leurs allégations, des utilisateurs ont partagé une capture d'écran d'une page de la plateforme Open Conseil de Paris, lancée par l’élu Paul Hatte, listant les montants perçus par les élus.
Un système opaque
Le rapport annuel des indemnités, quasi invisible sur le web, détaille les rémunérations perçues par chaque conseiller de Paris. Les conseillers touchent entre 4.500 et 9.800 euros brut par mois, auxquels s'ajoutent diverses primes en fonction de leurs fonctions. De cette base de chiffres, Paul Hatte a tiré ses conclusions concernant les jetons de présence.
Les données officielles, fournies par la Direction de la Démocratie de la Ville, révèlent que les jetons de présence versés pour les conseils d’administration de sociétés gérées par la ville varient considérablement, pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros annuellement, en fonction du nombre de réunions.
Cumul des indemnisations : un recours contesté
« Les montants semblent excessifs », déclare Paul Hatte à 20 Minutes, remettant en question le respect des plafonds établis. En théorie, les jetons de présence pour les administrateurs sont limités à 2.287 euros nets par an, mais cela semble souvent contourné.
La question des cumuls de rémunération est particulièrement problématique. Par exemple, Nicolas Bonnet-Oulaldj a occupé plusieurs présidences, cumulant divers jetons de présence. Ce système engendre des confusions sur les indemnités et soulève des inquiétudes concernant les abus potentiels.
Une remise en question du système
Frédéric Badina, conseiller EELV, souligne l'absence de transparence en matière de cumul des indemnités, plaidant pour une réforme qui limiterait ces possibilités. Pourtant, il reconnaît que le plafonnement de 2020 a limité certains abus. « C’est un sujet délicat, surtout à l’approche des élections », concède-t-il, en ajoutant qu'il a lui-même renoncé à ces jetons pour des raisons de principe.
David Belliard, adjoint à la Mairie, appelle également à repenser le statut des élus, qui manquent d'une véritable protection sociale. Comme il le souligne, « il faudrait permettre aux élus de cotiser pour des allocations chômage », ce qui offrirait une meilleure sécurité.
Le débat sur les jetons de présence à Paris n'est pas isolé; d'autres communes comme Lyon ou Marseille utilisent un système similaire. Les opinions divergent parmi les candidats à la Mairie de Paris, certains appelant à leur suppression, d'autres plaidant pour leur maintien, tandis que les enjeux de transparence et d’éthique demeurent cruciaux.
Plus d'informations sur ces débats peuvent être trouvées dans des publications telles que Ouest-France et 20 Minutes.







