L’Agence internationale de l’énergie (AIE) se prépare à agir contre l'augmentation alarmante des prix du pétrole, exacerbée par le conflit actuel en Iran. Selon des informations relayées par The Wall Street Journal, l’organisation envisage de vendre jusqu'à 400 millions de barils de ses réserves stratégiques, un geste qui pourrait constituer l'une des plus importantes libérations de pétrole de son histoire.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte difficile, alors que l’AIE a souligné que ce déstockage dépasserait largement le précédent record établi en 2022, lorsque 182 millions de barils avaient été mis sur le marché en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Cette décision a été discutée lors d'une réunion d'urgence à laquelle ont participé les représentants des 32 pays membres de l’AIE le 10 mars dernier.
La proposition pourrait être mise en œuvre dès ce mercredi, à condition qu'aucun pays ne s'y oppose. Une visioconférence du G7, convoquée par le président français Emmanuel Macron, devrait permettre aux dirigeants des principales économies mondiales de discuter de cette mesure. Pour Emmanuel Macron, ces discussions sont essentielles pour apporter une réponse collective face à cette crise pétrolière.
20 % du pétrole mondial
Le 9 mars, en pleine tensions, le prix du brent approchait les 120 dollars le baril, poussant à une réunion d'urgence du G7 avec le directeur de l’AIE, Fatih Birol. Si les ministres des Finances avaient exprimé leur volonté de prendre des mesures pour atténuer la crise, ils n'ont toutefois pas réussi à s'accorder sur le recours aux réserves stratégiques.
Cette proposition de l’AIE vise à réduire les répercussions du blocage du détroit d'Ormuz, crucial pour 20 % de l'approvisionnement pétrolier mondial. La fermeture de cette voie vitale pour le trafic pétrolier est aggravée par les menaces de la République islamique d'Iran, qui a annoncé qu'elle s'en prendrait à tout pétrolier empruntant cette route.
En douze jours de conflit, le cours du pétrole a grimpé d’environ 40 %, atteignant plus de 100 dollars, bien que les prix aient légèrement baissé par la suite. Actuellement, le baril se négocie autour de 89 dollars (77 euros), tandis que les prix des carburants, notamment le diesel, continuent d'afficher des hausses significatives.







