François Bayrou, ex-Premier ministre et figure centrale du MoDem, sera de nouveau dans le viseur de la justice. En effet, la cour d'appel de Paris a programmé son procès en appel pour la période du 9 septembre au 5 octobre 2024. Ce dernier fait suite à l'affaire des assistants parlementaires européens, qui avait déjà connu un premier verdict en février 2024.
Au cours de ce premier procès, Bayrou avait été parmi les trois prévenus relaxés, tandis que dix autres avaient été jugés coupables. Toutefois, le tribunal correctionnel avait établi que des détournements de fonds publics avaient bien eu lieu, avec des assistants rémunérés sur les deniers du Parlement européen pour des tâches au service du parti. Néanmoins, il avait été précisé qu'« il ne ressortait d'aucune pièce » du dossier que Bayrou avait explicitement demandé aux députés européens d'employer fictivement des assistants.
Le parquet de Paris n'ayant pas apprécié cette relaxe, un appel a été interjeté. Le ministère public a fait valoir que les éléments constitutifs des infractions étaient en réalité bien établis à l'encontre de tous les prévenus. Les procureurs ont requis contre Bayrou une peine de trente mois d'emprisonnement avec sursis, ainsi qu'une amende de 70 000 euros et trois ans d'inéligibilité, soulignant le décalage entre les « valeurs de probité et d’exemplarité » qu'il prône et la gravité des accusations portées contre lui.
Cette nouvelle phase judiciaire est crucial, tant pour la carrière politique de Bayrou que pour l'image du MoDem. Des experts en droit pénal soulignent que l'issue de cet appel pourrait influencer de manière significative la perception publique de l'intégrité au sein des institutions politiques en France. Comme le souligne le site Le Monde, la réaction du public et des médias sera également déterminante dans l'évaluation de la politique en matière de transparence et de responsabilité.







