Le président américain Donald Trump a annoncé, vendredi, avoir "entièrement détruit" les installations militaires de l'île de Kharg, un site stratégique pour l'économie iranienne, qui sert de principal terminal pétrolier. Cette action intervient alors que Trump espère encourager Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz, essentiel pour le transit pétrolier mondial.
"Les États-Unis ont frappé l'Iran là où ça fait le plus mal", a commenté El País. Trump a précisé qu'il s'agissait d'une riposte aux tentatives de Téhéran pour bloquer ce passage maritime crucial. Cette nouvelle intervention militaire témoigne d'une escalade dans les tensions entre les deux pays, alors que les forces américaines avaient jusqu'alors évité de frapper un si important point de l'infrastructure énergétique mondiale.
Sur sa plateforme Truth Social, le président a qualifié cet acte d'"un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient", annonçant la destruction complète des cibles militaires sur Kharg, qu'il a désignée comme le "joyau de la couronne iranienne". Cependant, il a également affirmé n'avoir pas touché aux infrastructures pétrolières de l'île. "Je reconsidérerai cette décision si l'Iran ou quiconque entrave le passage libre dans le détroit d'Ormuz", a-t-il martelé.
Un plan pour asphyxier l'économie iranienne
Moins de 24 heures avant les frappes, Trump avait déclaré que Kharg ne figurait pas "en haut de la liste" des cibles américaines, laissant entendre qu'il pourrait changer d'avis rapidement. Le BBC a rapporté que des spéculations avaient émergé sur la possibilité pour les États-Unis de tenter de s'emparer de cette île, ce qui pourrait nuire davantage aux exportations pétrolières de l'Iran et constituer une plateforme pour de futures actions militaires contre le continent.
En réponse aux frappes sur Kharg, un porte-parole de l'armée iranienne a averti que "toute attaque contre nos infrastructures énergétiques entraînera des représailles contre des installations de compagnies pétrolières ayant des liens avec les États-Unis", comme rapporté par CNN. Ces menaces incluent la destruction immédiate de ces installations.
L'impact économique toujours croissant
Les bombardements surviennent alors que le débat s'intensifie aux États-Unis sur l'impact économique de la guerre dans la région. Le Washington Post souligne que la sécurité du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, où transite un cinquième du pétrole mondial, demeure compromise, avec des menaces persistantes de la part de Téhéran.
Alors que Trump a promis une escorte de la Navy pour les pétroliers "très bientôt", les prix du pétrole continuent d'augmenter, ayant déjà grimpé de plus de 40 % depuis le début des hostilités. Ce contexte incertain a poussé les pays producteurs à puiser dans leurs réserves, mais sans effet significatif sur les prix.
Ed Hirs, professeur d'économie énergétique à l'Université de Houston, a indiqué dans un entretien avec Al-Jazeera que l'attaque pourrait avoir déjà perturbé les exportations de pétrole iraniennes, rappelant l'importance de Kharg. "Si cela engendre une réduction durable de la capacité d'exportation de l'Iran, les prix du pétrole pourraient continuer d'augmenter", a-t-il averti.







