À un jour du scrutin municipal, la campagne est mise en pause pour laisser place à une période de réserve, offrant aux millions d'électeurs l'opportunité de peaufiner leur choix avant de se rendre aux urnes. Ce premier tour, qui se profile comme déterminant dans de nombreuses grandes villes, pourrait bien bouleverser le paysage politique local.
Près de 48,7 millions d'électeurs inscrits sont appelés à départager environ 900.000 candidats inscrits sur près de 50.000 listes. Notons que les électeurs de Nouvelle-Calédonie ouvrent le bal dès ce samedi à 08H00 (22H00 heure de Paris).
Les municipales se dérouleront à deux vitesses, étant donné qu’environ 93 % des communes pourraient élire leur maire dès le premier tour, sans nécessiter de second tour le 22 mars, en raison d'une participation restreinte des candidats.
Cependant, le suspense demeure intact dans plusieurs métropoles, notamment à Paris, Lyon et Marseille. Dans la capitale, Emmanuel Grégoire (PS) et Rachida Dati (Les Républicains) affichent des positions avantageuses, mais Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) aspirent également à se qualifier, créant ainsi la possibilité d'une quinquangulaire.
Les questions d'alliances et de désistements entre les deux tours s'annoncent cruciales, surtout face à l'inimitié persistante entre socialistes et insoumis. L'extrême droite, avec le Rassemblement national, voit une occasion en or de s'imposer dans des villes jadis dominées par la droite.
À Marseille, le candidat lepéniste, Franck Allisio, espère créer la surprise en remplaçant le maire sortant Benoît Payan, qui mène une coalition gauche-écolos-société civile. Le Rassemblement national et Les Républicains s'alignent en seconde position, laissant entrevoir une bataille serrée, selon les derniers sondages.
Bien que les écologistes aient été les grands gagnants en 2020, ils naviguent cette fois en terrain plus difficile, notamment à Lyon. La candidature de Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'OL et représentant de la droite, pourrait bousculer le candidat sortant Grégory Doucet, traditionnellement bien positionné.
Le parti Renaissance de Macron, quant à lui, demeure sur la défensive, espérant s'imposer dans des bastions écologistes comme Bordeaux, avec un focus possible sur Annecy, qui semble être l'option la plus prometteuse pour le mouvement.
Les Insoumis visent également à réaliser des percées à Roubaix et dans certaines villes franciliennes. Ils affichent un profil mesuré, mais espèrent renforcer leur impact sur le plan national.
Historique et ancrées dans les préoccupations locales des électeurs, les élections municipales promises cette année à une participation accrue, se situent entre 65 et 71 % selon un sondage Odoxa-Backbone, contre 63 % en 2014 et 45 % en 2020.
Des témoignages d’électeurs mettent en lumière cette dynamique : "Je revote, mais je ne tiens pas compte des partis... Je cherche ce qui me correspond le plus" confie Inès de Warren. Pour Maud Gobled, psychologue, le choix municipal est aussi un jeu national, avec les maires jouant un rôle clé dans le paysage politique futur.
La proximité du scrutin municipal avec la présidentielle de 2027 rend ce moment encore plus déterminant pour les formations politiques, d'autant plus pour Edouard Philippe, le maire du Havre, dont la réélection est perçue comme un tremplin pour ses ambitions présidentielles.







