Alors que les prix du pétrole atteignent des sommets, Donald Trump a exhorté, le 14 mars, les autres États à envoyer des navires de guerre pour garantir la sécurité du détroit d'Ormuz. Cette action vise à contraindre Téhéran à rouvrir cette voie stratégique entravée par les hostilités entre les États-Unis, Israël et l'Iran, comme le souligne le Washington Post.

Le régime iranien, selon le journal, a « de fait fermé ce goulet d'étranglement crucial pour le pétrole mondial, dans un contexte d’attaques aériennes soutenues menées par les États-Unis et Israël, déclenchant une escalade des représailles iraniennes ».

Bien que Trump ait affirmé que les États-Unis avaient « vaincu et complètement anéanti l'Iran économiquement et militairement », il a également prévenu sur sa plateforme Truth Social que les pays utilisant cette route devraient « veiller à la sécurité de ce passage » avec l'appui des forces américaines. « De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre pour maintenir le détroit ouvert », a-t-il promis, sans préciser quels pays seraient impliqués.

Une coalition maritime en formation

Dans une déclaration antérieure, Trump a mentionné que la marine américaine commencera « très bientôt » à escorter des pétroliers dans ce passage essentiel. Il a exprimé l'espoir que « la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres » enverraient des navires dans la région afin d'assurer la sécurité de la voie maritime menacée par un « pays totalement décapité ».

Suite à son appel à une flottille internationale, un porte-parole du ministère britannique de la Défense a affirmé que leur position demeurait inchangée, tout en discutant avec des alliés d' « une série d'options », comme le relate le Daily Telegraph. Emmanuel Macron, président français, a également indiqué sa disposition à envoyer des navires de guerre dans le Golfe dans le cadre d'une « mission purement d’escorte » après que la « phase intense du conflit » se serait apaisée.

Récemment, Trump a critiqué Sir Keir Starmer pour sa réticence initiale à déployer des porte-avions au Moyen-Orient, alléguant : « Nous n’avons pas besoin de gens qui se joignent à des guerres une fois que nous avons déjà gagné ! »

Dans un contexte de hausse des prix du pétrole, qui pourrait engendrer une récession mondiale, l'ayatollah Mojtaba Khamenei a, dans son premier discours public, promis de continuer à utiliser le « levier du blocage du détroit d'Ormuz » contre les États-Unis et Israël.

Le risque d'une zone mortelle

Les accusations contre l'Iran, concernant sa capacité à menacer les navires avec des drones et des mines, ont suscité une « frustration » chez Trump. Selon le New York Times, il existe « un risque non résolu » lié à la fermeture potentielle du détroit d'Ormuz, passé permettant l'accès au reste du monde pour d'énormes quantités d'énergie et extrêmement vulnérable aux attaques.

La minorité des projets alternatifs pour contrecarrer cette situation, comme ceux entrepris par l'Arabie saoudite ou les Émirats, n'ont pas démontré d'efficacité significative face à la dépendance continue vis-à-vis du détroit, surtout évident avec la flambée des prix du pétrole à plus de 100 dollars le baril durant la dernière escalade du conflit.

Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont promis à plusieurs reprises d'envoyer des navires pour escorter les pétroliers. Toutefois, des doutes demeurent quant à la capacité des États-Unis à sécuriser une zone déjà qualifiée de « mortelle » pour les marins américains, notamment en raison des menaces provenant de l'Iran.

Enfin, des analystes militaires et pétroliers estiment que seule une cessation des hostilités avec l'Iran, accompagnée de garanties sur la sécurité des navires, pourrait restaurer la circulation habituelle de plus de 100 pétroliers par jour dans le détroit d'Ormuz.