Dans un retournement inattendu, Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), a choisi de ne pas soutenir le maire sortant de Nice, Christian Estrosi (Horizons). Ce refus fait suite à une campagne municipale marquée par des tensions croissantes. Retailleau a exprimé ses préoccupations sur BFMTV, fustigeant l’« appel à la gauche et au communautarisme » du maire.
Christian Estrosi, dont la popularité a été mise à mal lors du premier tour des élections, où il a obtenu seulement 31 % des voix contre Éric Ciotti (41,9 %), se retrouve maintenant sous pression. Retailleau, qui a qualifié la campagne d'« délétère », a déclaré : « Nous avions un accord national avec Horizons pour Nice. Malheureusement, ce climat a altéré notre collaboration. »
Scandale et polémiques
Le chef des Républicains fait référence à divers incidents accablants qui ont entaché la campagne. L'un des événements les plus choquants est relié à l’affaire de la tête de porc trouvée près du domicile d'Estrosi. Cette affaire a conduit à l’arrestation de deux suspects et a révélé des liens personnels avec un membre de son équipe, incitant des voix dans le parti à demander des clarifications.
Après la découverte de cet incident, Estrosi a accusé l’« ultra-droite » d'être responsable, ce qui a suscité des réactions, comme celle de Pierre-Édouard Stérin, un entrepreneur qui a intenté une action en justice pour diffamation. Celui-ci a qualifié les allégations de « calomnie pure ».
De plus, une vidéo controversée a fait sensation, où Christian Estrosi s'excusait pour ses réflexions sur Israël lors d'une rencontre dans le quartier des Moulins, un secteur sensible. Cette séquence a également été perçue comme un acte de clientélisme, alimentant davantage les critiques autour de sa campagne.
« Je remercie Bruno Retailleau d’avoir condamné la campagne délétère de Christian Estrosi et de retirer son soutien au candidat macroniste », a tweeté Éric Ciotti.
Face aux controverses, Retailleau a laissé la décision entre les mains des électeurs niçois, leur laissant le besoin de « trancher en âme et conscience ». Ce dernier a également insisté sur le fait que l’accord initial entre LR et Horizons reste en vigueur, malgré son choix de ne pas soutenir Estrosi directement, lui rappelant que la campagne trouble ne reflète pas les idéaux du parti.
Il a enfin averti : « La situation actuelle nuit à la politique et c’est au peuple niçois de faire entendre sa voix. »







