Les vins doux naturels français, tels que le muscat de Rivesaltes, le Banyuls et le Maury, se lancent dans une ambitieuse démarche visant à obtenir une inscription au patrimoine immatériel de l'UNESCO. Ce projet qui s'inscrit dans un cadre européen, fait écho aux richesses viticoles locales tout en provoquant des débats dans la région des Pyrénées-Orientales.
Bernard Rouby, président de la confédération nationale des vins doux naturels, a expliqué que l'initiative a été inspirée par des discussions entre des représentants du Marsala en Italie et d'autres appellations comme le muscat de Samos en Grèce et le Xérès en Espagne. "Ils avaient besoin des vins français pour compléter leur projet, et cela m'a séduit," a-t-il précisé.
Pour ce secteur, dont la consommation a diminué ces dernières années, une telle reconnaissance serait une célébration de leur héritage. "Ces vins sont de vraies pépites !" a exprimé Bernard Rouby. "Ils contribuent à façonner nos paysages et méritent d'entrer au patrimoine de l'UNESCO. C'est un atout pour l'œnotourisme et nous sommes déterminés à mener cette bataille, peu importe le temps que cela prendra!"
Douze appellations sur quatre départements
Ce parcours est en effet un marathon, nécessitant plusieurs années de mobilisation. Les vins doux naturels se répartissent sur plusieurs départements : les Pyrénées-Orientales (muscat de Rivesaltes, Rivesaltes, Banyuls, Banyuls grand cru et Maury), l'Hérault (muscats de Frontignan, Mireval, Saint-Jean-de-Minervois et de Lunel), le Vaucluse (Rasteau et muscat Beaume-de-Venise) et la Haute-Corse (muscat du Cap Corse). "Avoir douze appellations sur quatre départements complique le travail administratif!" a déclaré M. Rouby.
Une première réunion avec le ministère de la Culture a déjà eu lieu. Toutefois, avant de pouvoir prétendre à l'UNESCO, les vins doux naturels doivent d'abord figurer dans l'inventaire du patrimoine immatériel culturel français. À ce jour, près de 250 "lettres de consentement" affiliées à des élus, des viticulteurs ou des représentants de confréries ont été collectées par la confédération.
Cependant, ce projet a également engendré des tensions. M. Rouby a noté que l'Institut régional de sommellerie de Thuir a essayé d'inclure le Byrrh dans cette initiative. Il souligne : "C'est ni un vin doux naturel, ni un vin! C'est une boisson apéritive, un produit industriel. En Italie, le Martini ne se mélange pas au Marsala. S'ils souhaitent élaborer leur propre dossier, qu'ils le fassent, mais pas avec les vins doux naturels!"
Les dirigeants de l'institut de sommellerie n'ont pas répondu aux sollicitations concernant cette affaire. Alors que les enjeux sont d’une grande importance pour l’avenir des vins doux naturels, l'issue de cette initiative attendue avec impatience se dessine lentement mais sûrement.







