À Dijon (Côte-d'Or), le nouveau mandat municipal a été officiellement lancé lors d'un conseil qui a eu lieu lundi dernier, le 13 avril. Lors de cette première réunion, une vingtaine de dossiers ont été examinés, incluant des sujets techniques, mais deux d'entre eux ont particulièrement retenu l'attention : ceux concernant la Cité internationale de la gastronomie et du vin (CIGV). Le premier dossier visait à fixer de nouveaux tarifs pour l'accès au pôle culturel durant les périodes sans exposition temporaire, et le second permettrait à la boutique de faire des soldes afin d'écouler son stock.
Les membres de l'opposition ont saisi cette occasion pour examiner la situation globale de la CIGV, surtout à la lumière de la récente liquidation judiciaire de trois établissements du groupe Epicure, à savoir la Table des Climats, le Comptoir de la cité, et la Cave de la cité. Comme l'indique France Bleu, cette situation critique soulève des questions sur l'avenir de la Cité, qui s'apprête à fêter ses quatre ans le 6 mai prochain, mais qui ne semble pas en position de célébrer.
En plus de la liquidation, des établissements et chefs emblématiques ont délaissé la CIGV, tandis qu'un hôtel quasiment terminé reste en attente, et que l'école Ferrandi traverse une période d'incertitude. "Cessons ce massacre, cette hémorragie", a déclaré Axel Sibert, un élu opposant, qui ne cache pas sa déception face à la gestion actuelle : "C'est un échec."
Une réunion à venir avec tous les acteurs autour de la table
La maire, Nathalie Koenders, a tenté de défendre le pôle culturel, soulignant le fait qu'il attire chaque année "180 000 visiteurs" et que des taux de fréquentation sont prometteurs, notamment grâce à la gratuité de l'exposition permanente, comme détaillé par les médias locaux. Cependant, cette position n'est pas partagée par tous, certains membres de l'opposition, comme Thierry Coudert, du Rassemblement National, remettent en question la cohérence et l'impact réel des investissements effectués dans la CIGV. "Il y a une absence de ressort, un manque de substance par rapport à ce qui a été investi", conclut-il.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : chaque année, la municipalité engage plus de deux millions d'euros, soit 19 euros par habitant, pour maintenir l'équilibre. Axel Sibert appelle à une refonte totale du projet. Victorieuse de critiques internes, la majorité municipale semble partager une volonté de rassembler tous les acteurs concernés. Nathalie Koenders a affirmé : "Je vais réunir une commission municipale, incluant des élus de l'opposition et des acteurs économiques, pour réfléchir ensemble à un avenir meilleur pour la Cité." Cette réunion se tiendra, au plus tard, d'ici au mois de juin, et pourrait engager un véritable tournant pour la CIGV.







