Le Conseil d'État, la plus haute instance de justice administrative en France, a tranché dans une décision majeure le 11 mars 2026, en rejetant une requête formulée par la Famille missionnaire Notre-Dame (FMND). Cette congrégation espérait ériger un vaste complexe religieux à Saint-Pierre-de-Colombier, incluant une église de plus de 3 000 places, des logements pour pèlerins et un immense parking.
Ce projet ambitieux a été suspendu depuis mars 2024, suite à la découverte du Réséda de Jacquin, une espèce protégée, sur le site prévu pour la construction. La préfecture de l'Ardèche a pris des mesures pour préserver cette plante, identité botanique locale, jugée en danger par le Conseil d'État lui-même.
Des voix s'élèvent pour applaudir cette décision, comme celle de Pierrot Pantel, écologue à l'Association nationale de biodiversité (ANB), qui déclare : "C'est rare qu'une congrégation tente de déclasser une espèce protégée pour la détruire. La reconnaissance de la vulnérabilité du Réséda de Jacquin rend difficile d'entériner une telle destruction."
La détermination de la Famille missionnaire
Malgré ces revers, la FMND reste fermement engagée dans son projet. Selon un de ses avocats, la congrégation ne prévoit pas de renoncer et a déjà déposé un nouveau recours auprès du tribunal administratif de Lyon, contestant la suspension des travaux ordonnée par la préfecture.
Florence Delahaye, porte-parole de l'Association pour l'avenir de la vallée de la Bourges, exprime sa satisfaction face à la décision de la plus haute instance administrative et souligne l'importance de la protection de cette espèce. Elle ajoute : "Pour obtenir une autorisation de détruire une espèce protégée, il faudrait un intérêt public significatif, mais le combat est loin d'être terminé. La FMND tentera d’avancer malgré tout."
Chronologie des événements marquants
- 2018 : La FMND dépose un dossier pour la construction de son église, avec des ambitions architecturales originales.
- Décembre 2018 : Premier permis de construire accordé par la mairie.
- 2020 : Opposition croissante qui mène à la suspension des travaux.
- 2024 : Découverte du Réséda de Jacquin retarde fortement le projet en raison des exigences environnementales.
- Mars 2026 : Le Conseil d'État refuse le recours de la FMND, confirmant la nécessité de protéger le Réséda de Jacquin.
Ce cas souligne les tensions entre le développement religieux, les préoccupations environnementales et la justice administrative en France. La suite des événements sera à suivre de près, car des batailles juridiques continuent de se dessiner autour de ce projet controversé.







