À Bayonne, une controverse explose autour d'un projet de logements pour seniors, générant des vives tensions entre les riverains et la municipalité. Les habitants, regroupés au sein du collectif HELP, s'opposent fermement à un prétendu aménagement de 350 logements, tandis que la mairie parle d'une centaine de résidences seniors.
En approchant Bayonne par Saint-Pierre-d'Irube, on ne peut ignorer les panneaux de protestation accrochés sur les façades des maisons, proclamant : "Non au Prissé 2". Ce projet immobilier doit se réaliser le long de l'avenue Duvergier de Hauranne, à proximité des anciennes villas. Pour Daniel Larralde, un riverain engagé dans la lutte, l'angoisse est palpable. Il décrit la situation : "Le projet menace un espace naturel précieux qui abrite une faune unique comme des chevreuils", regrette-t-il.
Les craintes ne se limitent pas à la préservation de la nature. La mairie, par l'intermédiaire de son maire Jean-René Etchegaray, a sollicité le bailleur social Habitat Sud Atlantique (HSA) pour acquérir 8 hectares de terrain. La question se pose de savoir si ce site accueillera vraiment un EHPAD, alors que les riverains craignent une urbanisation massive : "On n'est pas contre un Ehpad, mais pas à ce point !" s’exclame Larralde.
Les critiques fusent également sur le sujet de la circulation déjà saturée dans le secteur, exacerbée par l'arrivée de 330 nouveaux logements. Les membres du collectif HELP souhaitent voir l’aménagement d'un parc ouvert à tous plutôt que de bétonner l’espace. Une demande formulée également lors de la récente campagne électorale, comme l'ajoute le collectif, qui dénonce une double politique du logement entre le centre-ville et ses périphéries.
Une manipulation de campagne électorale
Jean-René Etchegaray a rétorqué à ces accusations en affirmant : "Il n'y a pas de Prissé 2". Il précise que des informations erronées circulent pour manipuler les électeurs, selon lui. Le terrain de Lana, qu’il évoque, est en partie classé comme zone boisée, ce qui interdit toute construction. "Ceci n'a jamais été écrit nulle part", se défend le maire.
Le bailleur HSA a confirmé qu'une centaine de résidences serait envisagée, mais la réalisation dépendra de modifications au Plan Local d’Urbanisme (PLU), un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs années. Étchegaray met l'accent sur la nécessité de répondre aux besoins des seniors face aux hausses de loyers qui pénalisent les logements privés.
Les tensions autour de ce projet de logement continuent d'alimenter le débat public à Bayonne, et la voix des riverains, portée par le collectif HELP, ne semble pas près de se faire entendre.







