Louane, une footballeuse de 16 ans, et ses parents ont accepté de parler de l'affaire qui a secoué la Maladrerie Omni Sports (MOS) à Caen. Leur histoire met en lumière les douleurs et les interrogations qui accompagnent ce dossier judiciaire où un éducateur de 29 ans est accusé de viols sur mineurs. Bien qu'il ait été mis en examen, il demeure présumé innocent.
Dans ce contexte, Louane, qui a évolué dans l'équipe U16, a été surprise par la gravité des accusations. « Au départ, j'avais du mal à y croire. Beaucoup de joueuses doutaient, il disait que c'était des mensonges », raconte-t-elle au micro d'ICI Normandie. Cependant, lorsque certaines de ses coéquipières lui ont confié des expériences troublantes, elle a compris la nécessité d'agir. « J'ai apporté mon soutien à celles qui avaient besoin d'être entendues », ajoute-t-elle.
Les parents de Louane, témoignent de leur choc face à cette situation. « On lui faisait pleinement confiance. Sur le terrain, il était impeccable », souligne Peter, son père. Sa mère, Sonia, ajoute : « Jamais en public il ne se comportait mal. C'était un éducateur respecté. »
Un système qui a manqué de vigilance
Les inquiétudes soulevées par les rumeurs auraient pu être prises en compte plus tôt, pense Louane. Une autre coach aurait même tenté d'alerter le club, qui n'a pourtant pas réagi simultanément. Ce silence a conduit à une période d'angoisse pour les familles concernées. Peter et Sonia reconnaissent que « ce qui est arrivé peut toucher n'importe quel club. Un prédateur peut se cacher derrière une façade charmante ».
Reconstruction et renouveau
Après cette tragédie, la majorité des joueuses de l'équipe U16 ont quitté le club. Louane a choisi de rejoindre l'Avant-Garde de Caen, mais ses parents affirment qu’elle a eu toute la liberté dans sa décision. « Si elle avait désiré rester, nous l'aurions soutenue », précisent-ils. Malgré la méfiance qui peut naître, ils s'efforcent de ne pas sombrer dans la paranoïa : « Si on perd la confiance, on risque de ne plus faire rien », conclut Sonia.
L'enquête se poursuit et l'éducateur, qui avait récemment retrouvé un poste à Nîmes, maintient son innocence. À la MOS, des mesures ont été instaurées pour renforcer la sécurité et la sensibilisation autour des violences sexuelles, avec notamment la nomination d'une responsable dédiée à la prévention.







