Le nouveau concours général des collèges, récemment annoncé par Édouard Geffray, suscite déjà une vive réaction des syndicats d'enseignants. Ces derniers ont choisi de boycotter une réunion prévue par le ministère, dénonçant une initiative déconnectée des besoins réels du système éducatif.
Même avant sa mise en route, ce concours, à l'image du prestigieux concours général des lycées instauré au XVIIIe siècle, se trouve sous le feu des critiques. Selon le ministre de l'Éducation, cet événement vise à valoriser les meilleurs élèves de troisième pour stimuler leur ambition et les encourager. Cependant, les syndicats, réunis le 13 mai en visio, n'ont pas manqué de qualifier cette nouvelle mesure de "coup médiatique".
Catherine Nave-Bekhti, représentante de la CFDT Éducation, a déclaré que cette démarche était une "mascarade de concertation", étant donnée qu'elle fait suite à une annonce surprenante ayant déjà créé des remous. Pour elle, "le ministre a décidé unilatéralement de la création de ce concours général", qui, selon ses mots, ne répond à aucun besoin du système éducatif. "L'ensemble du projet est à des années-lumière de nos attentes pour le collège, tant en ce qui concerne les élèves que le corps professoral", a-t-elle précisé.
Une provocation pour certains
Les syndicats soulignent également que la logique de compétition soumise par ce concours favorise un tri social, faisant valoir que les compétences des élèves sont souvent influencées par leurs origines socio-économiques. Mickaël Marcilloux de la CGT Éduc'action a ajouté que le calendrier choisi pour cette annonce était particulièrement malvenu. "Alors que nous assistons à des mobilisations dans plusieurs collèges contre les baisses de moyens, il est difficile d'accepter que l'on annonce des suppressions de postes tout en finançant ce concours. Pour nous, c'est de la provocation", a-t-il dénoncé.
"Le collège est souvent le mal-aimé du système, mais cela signifie qu'il faut repenser la globalité de cet enseignement. Valoriser une minorité d'élèves ne pourra jamais servir l'ensemble du collège."
Mickaël Marcilloux, CGT Éduc'action, à Franceinfo







