Depuis près de trois semaines, un conflit social s'installe dans les cliniques Médipole de Cabestany et Saint-Pierre de Perpignan. Face à l'escalade des tensions, l'État décide d'intervenir. Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, a annoncé sur les réseaux sociaux qu'il engageait une médiation pour tenter de relancer le dialogue entre les parties concernées.
Le but affiché de cette initiative est « de faciliter la reprise d’un dialogue apaisé entre les directions et les syndicats ». Le préfet, conscient de l'ampleur des tensions, a souligné : « Le niveau de tension atteint aujourd’hui n’est pas acceptable. J’appelle chacun à entrer dans une logique de négociation et d’apaisement ».
Des négociations dans l’impasse
Malgré plusieurs réunions durant les dernières semaines, les discussions entre la direction et les syndicats n'ont pas abouti à des avancées concrètes. Les deux parties persistent dans leurs positions, aggravant un climat social déjà difficile. Pendant ce temps, les grévistes multiplient les actions de protestation : manifestations, rassemblements et opérations coup de poing rythment désormais la vie au sein des établissements.
Les employés revendiquent des augmentations salariales, incluant l'instauration d'un 13e mois, ainsi qu’un accroissement des effectifs. Selon un rapport de l'ICI, les grévistes expriment un sentiment d'urgence par rapport à leur situation et l'impact de la grève sur les soins apportés aux patients.
La continuité des soins sous surveillance
Dans un contexte de crise, le préfet a insisté sur l'importance de garantir la prise en charge des patients. « Je reste attentif à la continuité des soins, qui doit être assurée », a-t-il déclaré, en mentionnant les traitements lourds qui sont sérieusement affectés. Plusieurs dizaines de rendez-vous en chimiothérapie ont dû être annulés ou reprogrammés, suscitant l'inquiétude parmi les patients et leurs familles. La CGT Pompiers a également souligné les implications de ce conflit sur l'hôpital de Perpignan, déjà saturé.
Soutiens politiques et syndicaux
Le mouvement a récemment pris une ampleur nationale, marqué par l'intervention de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Dans une vidéo de soutien diffusée, elle a appelé la direction à « cesser ses provocations » et à « ouvrir immédiatement des négociations ». En parallèle, elle a contacté les ministres de la Santé et du Travail, insistant sur l'urgence d'une médiation. La direction des cliniques, quant à elle, a refusé à plusieurs reprises de commenter la situation, mais dans un communiqué précédent, elle avait acccusé certains salariés de se soustraire aux réquisitions.
La députée RN Sophie Blanc a également réagi, déplorant l'inflexibilité de la direction et mettant en garde contre une saturation potentielle de l'hôpital de Perpignan si la grève se prolonge. Face à cette situation complexe, l'avenir des négociations reste incertain, tandis que les grévistes continuent de revendiquer des droits fondamentaux liés à leur travail et à la meilleure prise en charge des patients.







