Dans une décision très serrée, le Sénat a confirmé Kevin Warsh à la présidence de la Réserve fédérale américaine, un acteur clé de l'économie mondiale. Le vote a affiché 54 voix pour et 45 contre, un écart considéré comme extrêmement étroit.
Âgé de 56 ans, Warsh doit prêter serment avant d’entamer un mandat de quatre ans. Cette nomination fait suite au départ de Jerome Powell, qui a été sous pression constante de la part de Trump durant son mandat. Le nouveau président de la Fed n’est pas étranger à l’institution, ayant été gouverneur entre 2006 et 2011.
Warsh a été choisi à une époque où les préoccupations économiques sont grandissantes, notamment à cause de l’inflation dopée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Avec des prix dépassant l’objectif de 2 % établi par la Fed, les attentes se tournent vers une éventuelle hausse des taux plutôt qu'une baisse, un point de vue soutenu par David Wessel de la Brookings Institution. Selon lui, "le défi majeur de Warsh réside dans le fait que l’inflation pourrait le contraindre à des choix difficiles".
"Le président ne respecte pas l'indépendance de la Fed et souhaite une baisse des taux d'intérêt. À tout moment, il pourrait s'en prendre à M. Warsh, comme il l'a fait avec Jerome Powell," souligne Wessel.
Warsh devra naviguer à travers ce paysage délicat, et sa première réunion de politique monétaire est programmé pour les 16 et 17 juin. La Fed, en tant que gardienne de la stabilité économique, devra équilibrer la lutte contre l'inflation et le soutien à la croissance.







