Les débrayages à répétition sont de retour dans les transports brestois. Ce mercredi 13 mai, les salariés de Bibus ont décidé de prolonger leur action, qui dure désormais depuis plus d'un mois, sans aucune avancée significative avec la direction. Le conflit s’enlise, avec environ 85% des conducteurs ayant cessé le travail pour cette troisième journée consécutive de grève.
Selon Sébastien Pellennec, délégué CFDT, la situation est critique : "On est dans un dialogue de sourds; les réunions sont nombreuses et la direction manifeste une certaine ouverture au dialogue. Cependant, nous souhaitons que ce dialogue se muera en négociations concrètes". À la mi-journée, les grévistes ont voté à l’unanimité pour continuer leur mobilisation.
À partir du lundi 18 mai, des débrayages de 59 minutes par jour seront programmés toute la semaine et durant le week-end, tandis que les personnels administratifs et les agents de maintenance devront également se préparer à des journées de grève fixes les 26 mai, 8 juin, 22 juin et 6 juillet. Le syndicat laisse entendre qu'un durcissement du mouvement pourrait s’opérer, d'autant plus qu'un préavis de grève court jusqu'au 31 décembre 2026.
La direction accusée de "tricher" sur la sous-traitance
Les tensions entre la CFDT et la direction de RATP Dev, le gestionnaire des transports à Brest, sont vives. "Nos discussions sur les CDI tombent dans le vide face à des propositions de CDD", souligne Pellennec. Philippe Ratto, directeur général, a affirmé qu'il n'existe "aucun CDD dans cette entreprise à la conduite", en rebutant les accusations du syndicat concernant l'absentéisme de 14% qui affecte le fonctionnement.
La question de la sous-traitance est également au cœur des préoccupations : un accord d'entreprise limite celle-ci à 32,5%, tandis qu'elle se chiffre actuellement à 35%. Luc Daniel, membre de la CFDT, déclare : "Cette direction ne respecte pas les accords et utilise la sous-traitance comme un levier pour maximiser ses profits, engageant une forme de dumping social".
Une nouvelle réunion est prévue pour le 18 mai. Les conflits au sein de Bibus ne sont pas nouveaux, rappelant un mouvement similaire de plus d'un mois l’année précédente. En mars 2017, un conflit s'était même prolongé sur plus de trois mois, se terminant par des concessions significatives. "En général, nous obtenons toujours certains résultats", remarque Marie, conductrice de bus. "Mais aujourd’hui, la situation devient de plus en plus complexe".







