Après l'annonce de la fermeture de l'usine Indorama Ventures à Longlaville, qui entraînera la perte de 163 postes, la tension est palpable. Depuis deux mois, les employés tentent de négocier des conditions de départ décentes, mais les discussions semblent bloquées.
Située dans le Pays Haut, près de la frontière avec la Belgique et le Luxembourg, l'usine est spécialisée dans la production de fil de polyester, largement utilisé dans l'industrie pneumatique. Selon Abdelkader Moulay-Rchaid, délégué syndical CFDT, la direction, un groupe thaïlandais, reste sourde aux demandes des représentants : "Les salariés ont été coopératifs jusqu'à présent, mais nous sommes confrontés à un mur. La direction semble vouloir donner le minimum alors que nous demandons une réelle prise en compte de la situation. Nous sommes face à une direction qui refuse de bouger".
Ce conflit findra par toucher des milliers de vies si un accord n'est pas atteint. Le délégué rappelle que "c'est un groupe solide qui a réalisé 14 milliards de chiffre d'affaires l'année dernière et a distribué 115 millions en dividendes. Ce n'est pas une petite PME, mais une entreprise qui choisit de mettre 163 familles à la rue pour ses gains". La situation devient de plus en plus préoccupante, les syndicats se disent prêts à entamer un mouvement de grève dès ce mercredi 13 mai si aucun accord n'est trouvé lors de la réunion de la dernière chance prévue ce jour-là.
Un des derniers employeurs industriels du bassin de Longwy
Indorama, longtemps considéré comme un pilier de l'économie locale, est désormais l'un des derniers grands employeurs du bassin de Longwy, et son retrait aurait des conséquences désastreuses sur le plan local. Le délégué syndical souligne que les demandes des syndicats, jugées raisonnables, ne sont pas respectées. « Nous avons demandé un an de congé de reclassement pour permettre aux salariés, dont près de 40% ont plus de 45 ans, de se repositionner sur le marché du travail. Pourtant, nos demandes sont ignorées. »
Alors que le climat se tend, Moulay-Rchaid évoque des journées décisives à venir : "Nous devrons mettre la pression sur la direction". La mobilisation des salariés d'Indorama pourrait bien marquer un tournant dans ce conflit qui met en lumière les enjeux sociaux autour des fermetures d'usines en France.







