Une passagère française, récemment rapatriée du bateau de croisière MV Hondius, a été déclarée positive à l'hantavirus à Paris. Cela a déclenché une série de réunions d'urgence à Matignon pour se pencher sur l'évolution de la situation.
Parmi les cinq passagers français rentrés dimanche et placés sous surveillance à l'hôpital Bichat, l'état de santé d'une femme s'est gravement détérioré, comme l'a annoncé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur France Inter. Elle a souligné que la dégradation de l'état de santé peut amener à un pronostic vital engagé.
Vers 16h15 ce lundi, la ministre participera à une réunion où seront présents des hauts responsables gouvernementaux, dont le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et le directeur général de la santé Didier Lepelletier.
Plus tard dans la soirée, le Premier ministre Sébastien Lecornu accueillera plusieurs spécialistes en épidémiologie, dont Olivier Schwartz de l'Institut Pasteur, afin d'évaluer la situation et de mettre en œuvre des stratégies de prévention.
Trois passagers à bord du Hondius sont déjà décédés, dont deux cas confirmés d'infection à l'hantavirus. En tout, six autres cas ont été signalés, soulignant la gravité de cette épidémie rare mais dangereuse.
- "Agir tout au début" -
L'hantavirus Andes, identifié chez ces passagers, est une souche rare, transmissible d'homme à homme, avec un délai d'incubation allant jusqu'à six semaines. Cette maladie est connue pour provoquer des syndromes respiratoires aigus, avec un taux de létalité pouvant dépasser les 40 %, selon certains experts.
Malgré ces inquiétudes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste optimiste sur le faible risque épidémique, notant que ce virus présente moins de contagiosité que le Covid-19. Stéphanie Rist a insisté sur la nécessité d'agir rapidement pour interrompre toute chaîne de transmission.
Les cinq passagers infectés sont actuellement isolés dans des chambres équipées d'un système de ventilation pour minimiser les risques de contamination. Ils resteront sous observation médicale pendant au moins quinze jours.

Parallèlement, une vingtaine de contacts, dont certains passagers de vols récents, ont été identifiés et doivent se signaler aux autorités sanitaires. Les passagers concernés doivent observer une quarantaine à domicile jusqu'à une évaluation complète de leur état.
Une croisiériste néerlandaise infectée et décédée avait également voyagé sur un des vols concernés. La ministre a recommandé à ces passagers de communiquer rapidement avec les autorités pour faciliter le suivi.
- "Assez" de masques et de tests -
Le gouvernement, via un décret publié récemment, a souligné l'importance de signaler tout symptôme potentiel aux autorités sanitaires. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a également rassuré le public sur les stocks de masques et de tests, soulignant que les leçons tirées de la pandémie de Covid-19 ont permis de maintenir des ressources adéquates.
L'OMS a classé tous les passagers du MV Hondius comme contacts à haut risque, les plaçant sous surveillance pour une durée de 42 jours, afin de garantir la sécurité de la population.







