Situé sur 4,5 hectares à Saint-Pierre-du-Vauvray, le vignoble du Vieux Rouen a fait ses débuts en 2023 avec une production de 600 bouteilles de rosé et 1 200 de blanc. Les retours, pour l'instant, sont très encourageants.
Pour visiter le chai de Xavier Gandon, viticulteur normand fraîchement installé, il faut quitter le cœur de Louviers et gravir quelques collines jusqu'au hameau du Vieux Rouen. Là, caché dans le sous-sol d'un pavillon modeste près du chemin des Vignes, se trouve l'équipement nécessaire à la vinification des premières cuvées, nommées Auturae. « Ce nom est un clin d'œil à l'histoire locale, à une époque où l'Eure portait ce nom », explique Xavier avec un sourire. Ancien ingénieur chez Renault, il a su convaincre le propriétaire terrien que la culture de la vigne ici était un projet viable. En plus de leur première parcelle, ils envisagent d'agrandir leurs surfaces de culture.
Cavistes et restaurants locaux sont emballés
Les premiers résultats ne se sont pas fait attendre. Avec un prix moyen d'une vingtaine d'euros par bouteille, le rosé est élaboré à partir du cépage pinot-meunier, un choix original qui se veut convivial. « C’est un vin qui évoque les barbecues entre amis », précise Gandon. Le blanc, quant à lui, est issu du cépage chenin, traditionnel de la Loire mais qui a trouvé un bel écho dans leur terroir normand.
« Les retours sont vraiment positifs, surtout pour une première année », se réjouit Xavier. Ce vin élégant séduit avec ses arômes exotiques. Pour Fanny Georget, restauratrice à l'Hostellerie d’Acquigny, proposer ce vin local sur sa carte était une évidence. « Nous avons vu le potentiel du projet et n'avons pas été déçus par la qualité », affirme-t-elle. D'autres restaurateurs et cavistes de la région, intrigués, commencent également à s'intéresser à ces nouvelles cuvées. Cependant, Xavier est conscient que la curiosité doit se transformer en fidélité pour prospérer sur le long terme.
Prochaine étape, obtenir une IGP
Le chemin vers le succès passe par l'obtention d'une Indication géographique protégée (IGP) pour l'ensemble de la Normandie. Xavier, soutenu par Maxime Gazeau, animateur du syndicat viticole, travaille d'arrache-pied pour que la filière régionale prenne son envol. Ayant déjà un dossier prêt, Xavier a rendez-vous prochainement avec la région pour présenter son projet devant l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité).
Pour lui et le Vieux Rouen, cette démarche est cruciale pour l'avenir. Avec l'optique d'atteindre 6 000 à 7 000 bouteilles dès la prochaine récolte, et de 20 000 d'ici quatre à cinq ans, ils espèrent assurer la viabilité économique de leur vignoble.







